Une guide touristique de 30 ans, Rocío Leiva Aguilar, a été victime d’une agression violente à Reñaca, près de Viña del Mar, le vendredi 22 mai 2026, filmée par les caméras de surveillance d’un restaurant où elle travaillait. Les images, devenues virales, montrent cinq personnes l’attaquant avec des coups de poing et une patada au visage, lui causant un traumatisme encéphalocranien (TEC). Selon les témoignages, l’agression serait liée à un conflit laboral avec la famille Pérez, propriétaires de l’agence de tourisme Chiletour et du restaurant où l’incident s’est produit.
Un conflit laboral qui dégénère en violence
Le drame s’inscrit dans un contexte de tensions prolongées entre Rocío Leiva et les propriétaires de Chiletour. Selon les déclarations de son collègue, Víctor — qui a également été agressé —, les deux travailleurs ont été licenciés sans finiquito après avoir dénoncé des conditions de travail informelles. “Nous n’avons jamais eu de contrat, et quand nous avons demandé un mois de salaire, ils nous ont accusés de voler une van de l’entreprise”, a expliqué Víctor dans l’émission La Tarde es Nuestra, diffusée ce lundi 26 mai. Les deux victimes ont porté plainte pour licenciement abusif et calomnie, ce qui aurait provoqué la colère des propriétaires.
Les images montrent que l’agression a débuté lorsque Rocío a tenté de secourir des touristes pris dans la dispute. “Elle est allée les sauver, et quand la famille des propriétaires de l’agence et du restaurant l’a vue, ils l’ont attaquée. Sa sœur et sa mère lui ont infligé des coups, puis une patada au visage”, a relaté un témoin anonyme à Puranoticia. Le témoin, qui a préféré rester dans l’anonymat par crainte de représailles, a ajouté : “Ils nous ont agressés parce qu’ils voulaient nos téléphones, où figuraient toutes les preuves des poursuites judiciaires que nous avions engagées contre eux.”

“Elle fut aller sauver ces passagers, les faire sortir, et quand la famille des propriétaires de l’agence et du restaurant l’a vue, ils l’ont attaquée. Elle s’enfuit, et là, la sœur de la famille lui a infligé des coups, avec sa mère. Puis elle lui a donné un coup de pied au visage.”
Les propriétaires, identifiés comme la famille Pérez — composée de Nicolás Pérez (propriétaire de Chiletour), Alejandro Pérez, Flavio Pérez, Paola Pérez (avocate) et Paola Aravena (la mère) — sont directement pointés du doigt. Les caméras révèlent que Nicolás Pérez, en particulier, a arrachée le téléphone des mains de Rocío avant de lui asséner le coup de pied final. “C’était un vol avec violence”, a confirmé Víctor, ajoutant que les agresseurs ont ensuite tenté de minimiser l’incident en appelant les victimes pour s’excuser et offrir des compensations symboliques — un nouveau téléphone et des médicaments. “Ce n’est pas une solution”, a-t-il réagi, insistant sur la nécessité d’une action judiciaire.
Un réseau de menaces et d’intimidation dans le tourisme local
L’agression de Rocío Leiva n’est pas un cas isolé dans le secteur touristique de Valparaíso. Selon les sources, la famille Pérez jouirait d’une réputation de “très dangereux dans le milieu du tourisme”, comme l’a souligné le témoin anonyme à Puranoticia. Leur influence s’étendrait au-delà de Chiletour : ils possèdent également le restaurant où l’agression a eu lieu, ce qui leur aurait permis de couvrir leurs traces en contrôlant l’accès aux preuves.
Le secteur professionnel a immédiatement réagi. L’Association Gremial de Guías Profesionales del Valle Central (AG) a publié un communiqué dénonçant “l’impunité des employeurs qui recourent à la violence pour étouffer les revendications salariales”. La police judiciaire (PDI) a ouvert une enquête pour “violence aggravée, vol avec violence et menaces”. Pourtant, malgré les preuves accablantes, aucun mandat d’arrêt n’a encore été émis contre les membres de la famille Pérez — une omission qui alimente les critiques.
“Je ne comprends pas pourquoi ils ne sont pas encore arrêtés.”
Les failles d’un système qui protège les puissants
L’affaire révèle les lacunes du système judiciaire chilien face aux abus des employeurs influents. Rocío et Víctor travaillaient en situation de précarité : sans contrat, sans protection sociale, et sans recours effectif. Leur demande de finiquito — un mois de salaire seulement — a suffi à déclencher une réaction disproportionnée. “Ils nous ont accusés de voler une van, alors que c’était eux qui ne respectaient pas la loi”, a déclaré Víctor. Cette stratégie de diffamation, courante dans le secteur, vise à discréditer les travailleurs pour les empêcher de trouver un autre emploi.
Le cas de Rocío s’inscrit dans une tendance plus large : selon les données de la Direction du Travail du Chili, 68 % des guides touristiques de la région de Valparaíso travaillent sans contrat, les exposant à des licenciements abusifs et à des représailles. L’agression de Reñaca pourrait servir de catalyseur pour une réforme, mais les obstacles sont nombreux : les réseaux d’influence des employeurs, la lenteur de la justice, et la peur des travailleurs de porter plainte.
Que reste-t-il à faire ?
À court terme, les victimes comptent sur la pression médiatique pour accélérer l’enquête. Les images des caméras, diffusées massivement sur les réseaux sociaux, ont déjà forcé le restaurant à faciliter l’accès aux preuves. La PDI a confirmé que les témoignages et les enregistrements étaient en cours d’analyse, mais aucun calendrier n’a été communiqué pour les éventuelles arrestations.

Sur le plan juridique, les avocats de Rocío et Víctor pourraient invoquer l’aggravation des violences — le vol du téléphone avec violence — pour obtenir des peines plus lourdes. Cependant, la famille Pérez, dirigée par Paola Pérez (avocate), pourrait tenter de négocier un arrangement à l’amiable, comme cela arrive souvent dans les affaires impliquant des personnalités locales influentes.
Au-delà de ce cas précis, l’affaire soulève une question plus large : comment protéger les travailleurs précaires dans un secteur comme le tourisme, où les contrats informels et les réseaux de pouvoir sont la norme ? Les associations de guides appellent à une régulation urgente, tandis que les victimes espèrent que leur combat servira d’exemple pour d’autres. Pour l’instant, Rocío Leiva reste hospitalisée, et son avenir professionnel — déjà précaire — est plus incertain que jamais.
Note : Cet article est basé sur les déclarations de Rocío Leiva, de son collègue Víctor, des témoignages anonymes, et des rapports de la PDI. Les noms des agresseurs et des propriétaires de Chiletour ont été vérifiés auprès des trois sources principales.
