Un commandant arménien combattant aux côtés de la Russie en Ukraine tué au combat
Horlivka, Ukraine – Hayk Gasparyan, commandant du bataillon Arbat, une unité paramilitaire composée principalement de combattants arméniens luttant aux côtés des forces russes en Ukraine, est mort au combat lundi, a annoncé Ivan Prikhodko, le maire installé par le Kremlin de la ville ukrainienne occupée d’Horlivka.
Gasparyan, âgé de 34 ans, était à la tête du bataillon Arbat depuis 2023. Prikhodko a indiqué sur Telegram que Gasparyan est décédé lors d’une “mission de combat”, sans préciser le lieu ni les circonstances exactes de sa mort.
Le décès de Gasparyan souligne la complexité du conflit en Ukraine, qui attire des combattants de divers pays, souvent motivés par des liens ethniques, idéologiques ou des opportunités financières. La présence de combattants arméniens aux côtés des forces russes est particulièrement notable, compte tenu des relations historiques et des alliances stratégiques entre les deux pays. L’Arménie est membre de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), une alliance militaire dirigée par la Russie.
Avant de rejoindre les rangs des combattants en Ukraine, Gasparyan a eu un parcours atypique. Ancien combattant de MMA et entraîneur, il a été condamné en 2020 par un tribunal moscovite à sept ans de prison pour vol à main armée. Il a été recruté par le groupe Wagner, une organisation militaire privée russe, alors qu’il était incarcéré dans la région de Ryazan en août 2022, selon des médias russes comme Zona.media.
En 2023, le président Vladimir Poutine a décoré Gasparyan de la médaille “Pour le Courage” alors qu’il était encore membre de Wagner, soulignant l’implication directe du Kremlin dans le recrutement et la récompense de combattants étrangers.
Le bataillon Arbat, fort d’environ 500 membres, fait partie de la brigade internationale de volontaires Pyatnashka, basée dans la région partiellement occupée de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine. Il a été fondé en septembre 2022 par Armen Sakisyan, un homme d’affaires qui a lui-même été tué dans un attentat à la bombe dans un immeuble d’habitation à Moscou en février 2025. Sakisyan était également visé par une enquête ukrainienne pour son rôle présumé dans le recrutement de prisonniers pour combattre aux côtés de la Russie.
Le décès de Gasparyan intervient dans un contexte de pertes croissantes des deux côtés du conflit ukrainien, qui entre dans sa troisième année. Selon les estimations des Nations Unies, plus de 10 000 civils ont été tués ou blessés depuis le début de l’invasion russe en février 2022. Les chiffres réels sont probablement beaucoup plus élevés.
L’implication de combattants étrangers, comme Gasparyan, soulève des questions sur la nature internationale du conflit et les implications pour la sécurité régionale. Le recrutement de prisonniers par des groupes comme Wagner a également suscité des critiques de la part des organisations de défense des droits de l’homme, qui dénoncent des violations des droits humains et le manque de transparence.
Sur le même sujet