Guerre en Iran : Le pétrole flambe, l’économie mondiale tremble
DUBAI, Émirats arabes unis – La guerre entre les États-Unis et l’Iran entre dans sa troisième semaine, exacerbant les tensions géopolitiques et provoquant une flambée des prix de l’énergie qui menace de déstabiliser l’économie mondiale. Le conflit, qui a déjà coûté la vie à près de 2 600 personnes, principalement en Iran et au Liban, s’intensifie avec des frappes américaines sur des cibles militaires iraniennes et des attaques contre des navires commerciaux dans le golfe Persique.
Le président Donald Trump a déclaré que les forces américaines avaient mené « l’une des frappes les plus puissantes de l’histoire du Moyen-Orient », ciblant des installations militaires sur l’île de Kharg, un point névralgique pour les exportations pétrolières iraniennes. Bien que Trump ait affirmé avoir choisi de ne pas détruire les infrastructures pétrolières de l’île « par souci de décence », il a averti que cette décision pourrait être réexaminée si l’Iran continue de bloquer le transit des navires dans le détroit d’Ormuz.
La fermeture effective du détroit d’Ormuz, voie maritime cruciale pour le transport du pétrole, a déjà entraîné des perturbations massives de l’approvisionnement mondial. L’Agence internationale de l’énergie a qualifié la situation de « la plus importante perturbation de l’offre jamais enregistrée ». L’Arabie saoudite, l’Irak, le Koweït et les Émirats arabes unis ont tous été contraints de réduire leur production de pétrole brut.
Les prix du pétrole ont grimpé en flèche, le Brent dépassant les 100 dollars le baril pour la deuxième journée consécutive, atteignant son plus haut niveau depuis plus de trois ans. Aux États-Unis, le prix moyen d’un gallon d’essence a atteint 3,63 dollars, le niveau le plus élevé depuis mai 2024. Des pénuries de gaz de cuisson et de carburant routier sont signalées dans plusieurs pays d’Asie.
L’administration Trump a tenté de maîtriser la flambée des prix de l’énergie, mais ces efforts ont eu peu d’effet jusqu’à présent. Des négociations secrètes sont en cours entre l’Iran et les alliés des États-Unis pour rouvrir le détroit d’Ormuz, mais les perspectives de succès semblent sombres. Selon des sources proches du dossier, l’Iran envisagerait d’autoriser le passage d’un nombre limité de pétroliers, à condition que le commerce du pétrole se fasse en yuans chinois.
La situation est d’autant plus préoccupante que des incidents récents ont mis en évidence le risque d’une escalade du conflit. Trois navires commerciaux ont été attaqués dans le golfe Arabique au cours des deux derniers jours. Un membre du personnel militaire français a été tué et au moins six soldats blessés lors d’une attaque de drone dans la région du Kurdistan irakien. La Turquie a intercepté un missile balistique iranien entrant dans son espace aérien, pour la troisième fois depuis le 4 mars.
Les efforts de médiation menés par l’Arabie saoudite, Oman et la Turquie, avec le soutien de l’Europe, peinent à porter leurs fruits. Le Qatar s’est retiré des négociations après avoir été la cible de critiques répétées.
Le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, a déclaré que 15 000 cibles avaient été frappées en Iran depuis le début de la guerre. Il a également affirmé que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, avait été « probablement défiguré » lors des opérations américano-israéliennes, ce qui expliquerait son absence de déclarations publiques.
Les États-Unis renforcent leur présence militaire dans la région, avec l’envoi de la 31e unité expéditionnaire des Marines depuis le Japon. Cette unité, forte de 2 400 soldats, est équipée d’avions de combat F-35, d’hélicoptères V-22 Osprey et d’autres équipements militaires.
L’impact économique de la guerre s’étend au-delà du marché pétrolier. L’Allemagne, le Canada et la Norvège ont critiqué la décision des États-Unis d’assouplir temporairement les sanctions contre la Russie dans le but de stabiliser les prix de l’énergie. Les États-Unis ont autorisé de nouveaux achats de pétrole russe en mer, élargissant une dérogation accordée la semaine dernière à l’Inde.
La situation reste extrêmement volatile et l’issue du conflit est incertaine. La communauté internationale craint que cette guerre ne dégénère en un conflit régional plus large, avec des conséquences désastreuses pour l’économie mondiale.
