La campagne militaire menée par les États-Unis en Iran dépasse les 38 milliards de dollars de dépenses cumulées, selon un rapport budgétaire récent. Les opérations de bombardement et le blocus naval pèsent lourdement sur les finances publiques, tandis que le Pentagone fait face à une pénurie critique de munitions stratégiques.
La facture de la campagne militaire engagée en février 2025 continue de s’alourdir pour Washington. D’après les estimations du Congressional Budget Office (CBO), les coûts cumulés des opérations et du blocus naval avaient déjà atteint plus de 38 milliards de dollars au 1er août dernier selon les experts budgétaires du Congrès. Cette intensité militaire engendre des dépenses mensuelles évaluées à près de 3 milliards de dollars.
Face à ces débours colossaux, l’administration américaine a ajusté sa stratégie. Donald Trump a réduit la voilure des bombardements aériens pour privilégier la pression économique, misant sur le blocus des côtes iraniennes et de nouvelles sanctions financières. Cette diminution des opérations dans le golfe Persique a certes permis de freiner temporairement l’accumulation des dépenses du ministère de la Défense, mais le terrain demeure hautement volatil.
Le Pentagone admet une pénurie de munitions et des stocks fragilisés
Le ministère américain de la Défense a formellement reconnu une pénurie de munitions sur ses inventaires stratégiques, contredisant les déclarations répétées de la Maison-Blanche. Alors que Donald Trump affirmait encore début septembre que le pays disposait de quantités pratiquement illimitées de munitions, un rapport de l’inspecteur général du Pentagone publié en septembre 2026 dresse un constat bien plus alarmant selon le ministère de la Défense.
Entre le 28 février et le 30 juin, l’opération baptisée « Fureur épique » a englouti environ 33,4 milliards de dollars, dont 22,3 milliards dépensés exclusivement en munitions tirées. Cette consommation massive a révélé des goulots d’étranglement majeurs au sein de la base industrielle de défense pour renouveler les stocks. Le remplacement des missiles et des munitions représente à lui seul le poste de dépense le plus lourd pour Washington.
Cinq ans pour reconstituer les intercepteurs de missiles
Entre la moitié et les deux tiers des stocks d’intercepteurs de missiles balistiques ont été consumés depuis le début des hostilités. Cette érosion rapide des réserves expose l’armée américaine à des risques stratégiques majeurs. Le CBO prévient qu’il faudrait au moins cinq ans pour reconstituer le parc d’intercepteurs, même en augmentant significativement les cadences de production. Une telle carence compliquerait considérablement la position de Washington en cas de confrontation avec un autre acteur majeur doté d’un vaste arsenal balistique, à l’instar de la Chine.

Les infrastructures militaires dans la région ont également payé un lourd tribut. Les répliques iraniennes ont endommagé ou détruit des centaines de bâtiments et d’installations sur des bases américaines situées au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, à Oman et en Jordanie. Le rapport officiel dénombre notamment la perte de quatre avions de chasse F-15, sept avions ravitailleurs KC-135 endommagés ou détruits, un F-35 endommagé et jusqu’à trente drones d’attaque MQ-9 Reaper abattus.
Tensions persistantes dans le détroit d’Ormuz et répercussions économiques
Les frictions maritimes ne faiblissent pas autour des voies d’approvisionnement pétrolier. L’armée américaine a mené des frappes ciblées contre des lanceurs iraniens sur l’île de Larak afin d’empêcher le largage de nouvelles mines marines dans le détroit d’Ormuz selon les précisions du commandement militaire. En riposte, les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir ciblé des installations militaires en Jordanie et aux Émirats arabes unis.
Sur le plan économique, les perturbations des flux d’hydrocarbures dans le détroit d’Ormuz font peser de lourdes charges additionnelles.
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