Hausse des prix du carburant : les compagnies aériennes anticipent des surcoûts et des perturbations potentielles pour les voyageurs
PARIS – Les prix du kérosène ont doublé depuis le début de la guerre en Iran il y a deux semaines, en raison des perturbations des voies maritimes vitales qui limitent le commerce mondial de pétrole brut et raffiné. Les compagnies aériennes, dont les coûts sont déjà considérablement impactés par le carburant – entre 25 et 35 % de leurs dépenses – s’efforcent de s’adapter, et les voyageurs pourraient bientôt ressentir les effets.
Plusieurs compagnies aériennes, dont AirAsia, Hong Kong Airlines, Air India et Qantas, ont déjà annoncé l’augmentation de leurs suppléments carburant, selon des informations rapportées par le South China Morning Post et The Daily Jagran. Scott Kirby, PDG de United Airlines, a déclaré au Wall Street Journal que les hausses de prix du pétrole se traduisent inévitablement par des hausses des tarifs aériens, tout en soulignant que ces derniers peuvent également baisser si le prix du pétrole diminue.
L’impact précis sur les voyageurs reste incertain. Les compagnies aériennes planifient leurs itinéraires et fixent leurs prix des mois à l’avance, ce qui signifie que les pertes actuelles dues aux coûts élevés pourraient ne se traduire par des hausses de prix que pour les vols futurs.
Ahmed Abdelghany, professeur à l’Embry-Riddle Aeronautical University, explique que les compagnies aériennes cherchent déjà à optimiser leur consommation de carburant en réduisant le poids des avions. L’augmentation des prix des billets est une solution plus simple, mais pas automatique, car elle peut affecter la demande.
Selon Jarrett Bilous, directeur général chez S&P Global Ratings, les compagnies aériennes pourraient initialement chercher à protéger les voyageurs en vacances, en misant sur une demande plus stable, et à répercuter les coûts supplémentaires sur les voyageurs d’affaires, moins sensibles aux prix. Les voyages d’affaires, généralement plus courts et plus flexibles, pourraient donc être les premiers à subir les hausses.
Si la situation persiste, les compagnies aériennes pourraient être contraintes de prendre des mesures plus drastiques, comme la réduction de leurs programmes de vols, en particulier sur les lignes les moins rentables, ou l’annulation de vols desservant des zones de conflit.
Le spectre de nouvelles taxes et de restrictions sur le poids des bagages, comme celles introduites lors de la crise pétrolière de 2008, n’est pas à exclure. Cependant, Bilous souligne que la situation actuelle est inédite, car les théories sur la demande durable des voyageurs d’affaires n’ont pas encore été testées dans un contexte de crise financière.
Pour l’heure, il est difficile de donner des conseils précis aux voyageurs. L’analyste Bilous se contente de souligner que le risque de hausses de prix a considérablement augmenté ces dernières semaines, sans pouvoir prédire l’ampleur de ces hausses.
