Hausse des prix à la pompe en Californie anticipée après l’attaque américaine en Iran
LOS ANGELES – Les conducteurs californiens pourraient bientôt ressentir les conséquences de l’escalade des tensions au Moyen-Orient à travers une hausse des prix à la pompe. L’attaque américaine contre l’Iran a provoqué une volatilité sur les marchés pétroliers mondiaux, et les experts prévoient une augmentation d’au moins 20 cents par gallon dans les semaines à venir.
Le prix du baril de pétrole brut Brent a bondi jusqu’à 82,37 dollars lundi avant de se stabiliser, en raison de la quasi-fermeture d’une voie maritime clé du golfe Persique, selon des informations rapportées par le Los Angeles Times. Chaque dollar d’augmentation du prix du baril se traduit par une hausse de 2,5 cents à la pompe en Californie, a expliqué Severin Borenstein, directeur de l’Energy Institute à la Haas School of Business de l’UC Berkeley.
La Californie, où le prix moyen d’un gallon d’essence régulière s’élevait déjà à 4,66 dollars, soit 30 cents de plus qu’il y a un mois, est particulièrement vulnérable. Les prix californiens sont plus élevés que la moyenne nationale de 3 dollars en raison de taxes plus importantes et d’exigences réglementaires plus strictes en matière de carburants moins polluants.
L’impact pourrait être encore amplifié par le passage aux carburants d’été, moins volatils, qui entraîne généralement une augmentation des prix d’au moins 15 cents par gallon.
La situation est d’autant plus préoccupante que la Californie dépend de plus en plus des importations de pétrole. En 2024, seulement 23,3 % du pétrole brut raffiné dans l’État était d’origine californienne, 13 % provenant d’Alaska et 63 % du reste du monde, dont environ 30 % du Moyen-Orient, a précisé Jim Stanley, porte-parole de la Western States Petroleum Association.
"Nous pourrions assister à une pénurie d’approvisionnement et à une forte volatilité des prix" si l’approvisionnement en provenance du Moyen-Orient est interrompu, a-t-il ajouté. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, était virtuellement fermé lundi, selon des rapports. L’Iran, bien qu’il ne produise que 3 % du pétrole mondial, exerce une influence considérable sur les marchés énergétiques en contrôlant ce détroit stratégique.
Le gouverneur Gavin Newsom et les élus démocrates californiens ont critiqué l’ancien président Trump pour sa gestion de la situation, la qualifiant d’"illégale et dangereuse", selon CalMatters.
Malgré ces défis, Newsom a récemment signé une loi autorisant jusqu’à 2 000 nouveaux puits de pétrole par an jusqu’en 2036 dans le comté de Kern, qui produit environ les trois quarts du pétrole de l’État. Cette décision, bien que critiquée par les groupes environnementaux, visait à soutenir l’industrie pétrolière locale face à la fermeture de pipelines.
L’évolution de la situation au Moyen-Orient reste incertaine, et son impact sur les prix de l’essence en Californie dépendra de l’ampleur et de la durée du conflit. Les marchés pétroliers sont actuellement en proie à une "volatilité extrême", a souligné Borenstein, et l’avenir est incertain.
