Sanae Takaichi veut réduire la taxe alimentaire à 1 % sans nouvelle dette

La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a promis lundi de réduire la taxe sur la consommation de la nourriture et des boissons à 1 % sans émettre de nouvelles obligations, cherchant à rassurer des marchés inquiets alors que le rendement obligataire à 30 ans a atteint un sommet historique.

Le taux des obligations d’État japonaises à trente ans a grimpé à un record historique ce lundi, selon les données de Reuters, porté par les craintes de voir la dette publique s’alourdir sous l’effet des projets de dépenses de l’exécutif et par des tensions inflationnistes ravivées par le conflit au Moyen-Orient. Face à la nervosité du marché obligataire, la dirigeante a ouvert la session extraordinaire de la Diète en affichant sa volonté de discipline.

Sanae Takaichi a déclaré selon Reuters : La viabilité budgétaire est manifestement une condition préalable à la conduite de notre politique budgétaire “responsable et proactive”.

Cette posture vise à apaiser des investisseurs échaudés par l’ampleur des programmes de relance. La trajectoire de la dette publique nippone, qui représente environ deux fois la taille de l’économie nationale, reste la plus lourde de l’ensemble des pays développés.

Sanae Takaichi veut réduire la taxe alimentaire à 1 % sans nouvelle dette
Photo : bloomberg.com

Le projet de baisse de la taxe sur l’alimentation au cœur des débats parlementaires

La mesure phare de l’exécutif consiste à abaisser de 8 % à 1 % la taxe sur la consommation applicable aux produits alimentaires et aux boissons pour une durée de deux ans à compter du mois d’avril prochain.

Pourtant, le financement de cette mesure suscite des résistances au Parlement. Certains observateurs soulignent les risques d’une telle baisse temporaire.

Pour dissiper ces craintes, Sanae Takaichi a affirmé que l’exécutif ne recourrait pas à l’emprunt pour combler le manque à gagner fiscal. La dirigeante a insisté devant les parlementaires en déclarent : Afin de garantir la confiance des marchés, nous mobiliserons des fonds sans recourir à (l’émission d’)obligations couvrant le déficit, vous pouvez donc dormir sur vos deux oreilles.

Sanae Takaichi veut réduire la taxe alimentaire à 1 % sans nouvelle dette
Photo : klse.i3investor.com

La réaction des marchés et la politique monétaire de la Banque du Japon

Les analystes financiers restent partagés quant à la portée réelle de ces engagements verbaux. Un économiste de Nomura cité par Semafor estime que malgré des propos semés de remarques visant à… maintenir la confiance des marchés, cela ne signifie pas nécessairement que la politique sera effectivement ajustée par égard pour les marchés financiers. Par ailleurs, Washington a exhorté Tokyo à maîtriser ses dépenses budgétaires pour soutenir un yen affaibli, dans un contexte d’intensification de la vente globale d’obligations où le rendement du Trésor américain à 10 ans a atteint son plus haut niveau en deux décennies, d’après les informations de Semafor.

Du côté de la Banque du Japon, la normalisation des taux d’intérêt continue de modifier le paysage financier. De son côté, la ministre des Finances Satsuki Katayama a précisé samedi que l’administration affinait sa communication pour rassurer les investisseurs sur le fait que la Première ministre ne mène pas de politiques reflationnistes.

Sanae Takaichi veut réduire la taxe alimentaire à 1 % sans nouvelle dette
Photo : Japan Today

Néanmoins, la situation économique globale présente des aspects plus stables qu’auparavant. Brian Coulton, économiste en chef de Fitch Ratings, a relevé sur Bloomberg TV que le retour de l’inflation en territoire positif soutient la croissance nominale et contribue à atténuer certaines inquiétudes structurelles à long terme.

Les chantiers économiques et diplomatiques de la session extraordinaire de la Diète

Sur le plan diplomatique, la dirigeante a qualifié la Chine de important neighbor, affirmant la volonté de bâtir des relations constructives et stables tout en soutenant que Tokyo saura dire ce qui doit être dit et exhorter fermement à des actions responsables face aux tensions bilatérales. Concernant la révision constitutionnelle, Takaichi a estimé que la modification apportée plus tôt dans l’année à la loi régissant les référendums a considérablement amélioré les conditions permettant au public de se forger un jugement et a appelé à des débats constructifs et actifs entre partis. Le gouvernement doit également composer avec l’opposition, dont le principal groupe parlementaire reste issu de la scission de l’Alliance de la réforme centriste après sa défaite électorale de février.

Sanae Takaichi a affirmé selon Reuters : Si l’économie et les marchés prennent des tournants inattendus, nous en examinerons l’impact et réagirons avec agilité selon les besoins.

Ces enjeux domestiques et internationaux définiront les priorités de son mandat alors qu’elle s’efforce de stabiliser la gouvernance du pays tout en renforçant ses alliances stratégiques.

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