Alerte climatique : la NASA réduit ses missions de surveillance du CO2, l’avenir de la mesure des émissions est incertain
Washington D.C. – Une décision de la NASA de réduire ses missions de surveillance des gaz à effet de serre soulève des inquiétudes quant à la capacité mondiale de suivre et de comprendre les sources d’émissions de carbone,un élément crucial dans la lutte contre le changement climatique. L’agence spatiale américaine, pionnière dans ce domaine avec les missions OCO-2 et OCO-3, se retire progressivement de cette surveillance de haute précision, laissant un vide que d’autres acteurs peinent à combler.
Jusqu’à présent, les satellites de surveillance du CO2 lancés par le Japon, la Chine et l’Europe ne disposent pas de la même résolution spatiale que les instruments américains, limitant leur capacité à identifier précisément les sources d’émissions. La mission européenne CO2M, prévue pour 2027, est la plus prometteuse pour se rapprocher des capacités d’OCO-2 et OCO-3, mais son lancement est encore lointain.
Si des entreprises privées se lancent dans la surveillance atmosphérique, elles se concentrent principalement sur la détection des émissions de méthane localisées, utiles pour la réglementation, mais moins adaptées à l’analyse des tendances mondiales du CO2. Le Carbon Mapper Coalition,un consortium incluant des anciens du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA et Planet Labs,a lancé son premier satellite l’année dernière,mais son rôle à long terme reste à définir.
La décision de la NASA a déjà des conséquences concrètes. Le comté de Montgomery, Maryland, qui s’est fixé des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre (80% d’ici 2027 et 100% d’ici 2035), craint de perdre un outil essentiel pour tenir les pollueurs responsables.Mark Elrich, l’exécutif du comté, a dénoncé l’impact de cette décision sur la recherche et la compréhension du changement climatique.
Contexte et enjeux : La surveillance spatiale du CO2, un pilier de l’action climatique
La surveillance des émissions de gaz à effet de serre depuis l’espace est devenue un élément indispensable de la lutte contre le réchauffement climatique. Elle permet de :
valider les inventaires nationaux : Les données satellitaires offrent une vérification indépendante des déclarations d’émissions des pays, renforçant la transparence et la confiance dans les accords internationaux.
Identifier les sources d’émissions : La haute résolution des instruments spatiaux permet de localiser précisément les sources d’émissions, qu’il s’agisse de centrales électriques, de forêts défrichées ou de fuites de méthane.
Suivre l’évolution des puits de carbone : Les satellites peuvent mesurer l’absorption de CO2 par les forêts et les océans, fournissant des informations cruciales sur la capacité de la planète à absorber les émissions.
Améliorer les modèles climatiques : Les données satellitaires sont utilisées pour affiner les modèles climatiques et améliorer les prévisions du changement climatique.La réduction des missions de la NASA intervient à un moment critique, alors que les efforts pour atteindre les objectifs de l’Accord de paris s’intensifient. La capacité de suivre et de comprendre les émissions de gaz à effet de serre est plus importante que jamais pour guider les politiques climatiques et assurer un avenir durable.L’avenir de cette surveillance, et donc de la compréhension du changement climatique, dépendra de la capacité des autres acteurs à combler le vide laissé par la NASA.
