Google paye pour un deuxième câble sous-marin privé

Google paye pour un deuxième câble sous-marin privé

Et deux! Google n'hésite pas à craquer la tirelire pour sécuriser son gros trafic Internet à travers le monde. Après avoir annoncé, en janvier, le déploiement d'un câble sous-marin privé, appelé Curie, entre la côte ouest des États-Unis et le Chili (qui sera opérationnel l'année prochaine), le géant américain a indiqué mardi qu'il allait tirer un nouveau câble du pays de l'Oncle Sam dans le Vieux Continent. Cette artère, qui reposera sous l'Atlantique, quittera Virginia Beach, sur la côte est des Etats-Unis, pour atteindre "la côte atlantique française", a indiqué le groupe Mountain View dans un communiqué. Son nom ? Dunant, «en hommage à Henry Dunant, le fondateur de la Croix-Rouge», lit-on. Ce câble transatlantique sera notamment utilisé pour les activités cloud (cloud computing) de Google. Il sera construit et installé par le groupe américain TE Subcom (l'un des concurrents d'Alcatel Submarine Networks, dont l'Etat français fait de son mieux pour maintenir cette activité en France depuis la vente d'Alcatel à Finnish Nokia il y a deux ans). Selon Google, cette nouvelle ligne transatlantique sera opérationnelle en 2020. Elle viendra compléter le gigantesque réseau de câbles sous-marins du géant Net, qui a investi, au total, pas moins de 13 câbles sous-marins ces dernières années. Sachant qu'un peu plus de la moitié entrera en service l'année prochaine: Google ne veut pas lever le voile sur le prix de cette entreprise. En général, ce type d'actif est extrêmement coûteux, de l'ordre de plusieurs centaines de millions d'euros. C'est pourquoi, en général, les câbles sont le plus souvent financés par des consortiums formés de plusieurs acteurs – y compris d'importants opérateurs télécoms comme Orange – qui partagent la notation et son utilisation. D'autres acteurs aux poches peu profondes qui ne veulent pas ou ne peuvent pas investir directement dans ces infrastructures louent la connectivité dont ils ont besoin auprès de ces consortiums. Là où les câbles Dunant et Curie de Google se démarquent, c'est qu'ils sont totalement privés. Pourquoi ? Dans sa déclaration, le groupe Mountain View argumente que cette solution, forcément très coûteuse, lui permet de "débarquer" un câble où il veut, sans avoir à négocier avec d'autres cofinanciers. Cela lui permettrait également de gagner en efficacité (en connectant plus directement ses «centres de données» des deux côtés de l'Atlantique par exemple), ou d'atteindre des zones auparavant mal desservies, mais où elle compte de nombreux clients. Dans un diagramme présenté par Google, nous voyons clairement que le groupe cible, sur le Vieux Continent, en Belgique. Ou parallèlement, Google a annoncé début février la construction d'un nouveau centre de données dans le pays plat. Il sera opérationnel mi-2019. De plus, la Belgique a été le premier pays européen à héberger un datacenter de Google, en 2009. Sous ce prisme, nous comprenons mieux l'intérêt de Google à avoir une connexion aussi directe que possible avec ces infrastructures. Il n'est pas surprenant que Google privatise un lien entre les États-Unis et l'Europe. Parce que c'est un axe majeur des communications mondiales, dont le trafic continue de croître. Et ce, entre autres parce que les Européens utilisent massivement les applications des géants américains du Net, dont Google est l'un des fers de lance. Cet investissement confirme en tout cas l'appétit croissant des acteurs du monde Internet pour les câbles sous-marins. Jusqu'à récemment, les opérateurs de télécommunications étaient de loin les plus gros investisseurs dans ces infrastructures critiques, qui représentent environ 99% des communications intercontinentales.

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