Israël restreint l’accès humanitaire à Gaza, MSF sur le point d’être expulsée
GAZA – Israël a annoncé qu’il allait mettre fin aux opérations de Médecins sans frontières (MSF) dans la bande de Gaza, intensifiant ainsi les restrictions imposées aux organisations humanitaires alors que le territoire palestinien est ravagé par deux ans de conflit entre Israël et le Hamas. La décision, annoncée dimanche, intervient dans un contexte de durcissement des conditions d’exercice des ONG dans la région, et soulève des inquiétudes quant à l’accès aux soins pour une population déjà fragilisée.
Le ministère israélien de la Diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme justifie cette expulsion par le refus de MSF de fournir une liste détaillée de ses employés palestiniens. Selon les autorités israéliennes, cette exigence s’applique à toutes les organisations humanitaires opérant dans la région. MSF dénonce une mesure arbitraire, qualifiant la demande d’un “prétexte pour empêcher l’aide humanitaire”.
“MSF n’a pas transmis les noms de son personnel car les autorités israéliennes n’ont pas fourni les garanties concrètes nécessaires pour assurer la sécurité de nos équipes, protéger leurs données personnelles et préserver l’indépendance de nos opérations médicales”, a déclaré l’organisation dans un communiqué.
Israël avait précédemment accusé deux employés de MSF d’être liés aux mouvements islamistes palestiniens Hamas et Jihad islamique, allégations fermement niées par l’ONG. Le ministre israélien de la Diaspora, Amichai Chikli, a critiqué le revirement de MSF, affirmant que les salariés de l’organisation “ne répondaient pas aux critères fixés”.
Cette décision s’inscrit dans une tendance plus large de restrictions imposées par Israël aux organisations humanitaires. En décembre, les autorités avaient prévenu que 37 ONG ne seraient plus autorisées à opérer à Gaza à partir du 1er mars. Une directive datant de mars 2025 impose un contrôle strict sur le personnel palestinien des organisations internationales.
L’impact de ces restrictions est d’autant plus préoccupant que le système de santé de Gaza est au bord de l’effondrement. Selon MSF, depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023, 1700 membres du personnel de santé ont été tués à Gaza, dont 15 employés de l’organisation.
La situation est d’autant plus alarmante que l’Unrwa, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, est également sous pression. Israël l’accuse de collusion avec le Hamas et a notamment affirmé que certains de ses employés avaient participé à l’attaque du 7 octobre. En janvier, les autorités israéliennes ont démoli des bâtiments du siège de l’Unrwa à Jérusalem-Est, et l’agence a annoncé le licenciement de 571 salariés de la bande de Gaza pour des raisons financières.
Ces actions suscitent des inquiétudes quant à la capacité de la communauté internationale à fournir une assistance humanitaire adéquate à la population de Gaza, qui est confrontée à une crise humanitaire sans précédent. L’accès aux soins, à l’eau, à la nourriture et aux abris est de plus en plus limité, et la situation risque de se détériorer davantage si les restrictions imposées aux organisations humanitaires ne sont pas levées.
[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube ou d’un post Instagram illustrant la situation humanitaire à Gaza, par exemple un reportage de MSF ou une image de l’Unrwa.]
L’ONU estime que plus de 80% de la population de Gaza a été déplacée depuis le début du conflit, et que plus de la moitié de la population est confrontée à une insécurité alimentaire aiguë. La situation est d’autant plus préoccupante que la bande de Gaza est soumise à un blocus israélien depuis plus de 15 ans, ce qui limite considérablement l’accès aux biens et aux services essentiels.
La décision d’Israël de restreindre l’accès humanitaire à Gaza et d’expulser MSF soulève des questions importantes sur le respect du droit international humanitaire et la protection des populations civiles en temps de conflit. La communauté internationale est appelée à exercer une pression accrue sur Israël pour qu’il lève ces restrictions et permette aux organisations humanitaires d’accéder librement à la population de Gaza.
