Gaza : Un nouveau chapitre sous supervision américaine, avec des visages connus et des défis majeurs
Le Caire – Après une première réunion historique à Le Caire, un comité palestinien chargé de la reconstruction et de la gouvernance de Gaza sous supervision américaine a dévoilé ses ambitions. L’initiative, portée par l’administration Trump, s’appuie sur une structure complexe impliquant des personnalités politiques, économiques et sécuritaires internationales, et soulève autant d’espoirs que d’interrogations.
Ali Shaath, ingénieur et ancien responsable de l’Autorité palestinienne, à la tête de ce comité technocratique, a promis une action rapide pour améliorer les conditions de vie dans la bande de Gaza. Il estime que la reconstruction et la reprise prendront environ trois ans, avec une priorité immédiate accordée au logement pour les milliers de personnes déplacées par le récent conflit. “Le peuple palestinien attendait avec impatience la mise en place de ce comité et son travail pour le sauver”, a-t-il déclaré à la chaîne de télévision égyptienne Al-Qahera News.
L’initiative s’inscrit dans le cadre d’un plan plus large, initialement proposé par l’ancien président Trump, qui prévoit une administration quotidienne de Gaza par ce comité, sous l’égide d’un “Conseil de Paix” dirigé par Donald Trump lui-même. La composition de ce Conseil reste pour l’instant inconnue.
Un exécutif international pour piloter la reconstruction
La Maison Blanche a annoncé la composition d’un exécutif chargé de mettre en œuvre la vision du Conseil de Paix. Parmi les membres figurent des figures de proue de la politique américaine et internationale : le secrétaire d’État Marco Rubio, l’envoyé spécial de la Maison Blanche Steve Witkoff, le gendre de Trump, Jared Kushner, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, le PDG d’Apollo Global Management Marc Rowan, le président de la Banque mondiale Ajay Banga, et le vice-conseiller à la sécurité nationale de Trump, Robert Gabriel.
Nickolay Mladenov, ancien politicien bulgare et envoyé spécial des Nations unies pour le Moyen-Orient, assurera le rôle de coordinateur de l’exécutif, supervisant les opérations quotidiennes.
Cette annonce intervient après le retrait des troupes israéliennes de certaines parties de Gaza, suite à l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre, et le retour progressif de milliers de Palestiniens vers leurs foyers, souvent en ruines.
Kushner et Witkoff, artisans du cessez-le-feu
Jared Kushner et Steve Witkoff ont joué un rôle clé dans la négociation du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, s’appuyant sur un plan en 20 points élaboré par la Maison Blanche. Kushner a souligné, dans une interview accordée à “60 Minutes” en octobre, que le succès de ce plan dépendrait de la capacité d’Israël et de ses partenaires internationaux à proposer une alternative viable à la violence du Hamas. “Si cela réussit, le Hamas échouera et Gaza ne sera plus une menace pour Israël”, a-t-il affirmé.
Witkoff a récemment annoncé le passage à une “seconde phase” du plan de paix, qui implique le retour par le Hamas des restes du dernier otage décédé encore détenu à Gaza. Il a averti que tout manquement à cet égard entraînerait de “graves conséquences”. (Voir le post de Witkoff sur X : https://x.com/SEPeaceMissions/status/2011478211075391845/)
Défis majeurs à l’horizon
Les défis à relever sont considérables. Le déploiement d’une force de sécurité internationale pour superviser le cessez-le-feu et le processus complexe de désarmement du Hamas constituent des obstacles majeurs.
La Maison Blanche a également annoncé la création d’un “Conseil exécutif de Gaza”, qui travaillera en étroite collaboration avec Mladenov, le comité palestinien et la force de stabilisation internationale. Ce conseil comprendra, outre les membres déjà cités (Witkoff, Kushner, Blair, Rowan et Mladenov), le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, le diplomate qatari Ali Al-Thawadi, Hassan Rashad, directeur de la Direction générale du renseignement égyptien, la ministre émiratie Reem Al-Hashimy, l’homme d’affaires israélien Yakir Gabay et Sigrid Kaag, l’ancienne vice-Première ministre néerlandaise et experte du Moyen-Orient.
L’avenir de Gaza reste incertain, mais cette initiative américaine, avec son casting de personnalités influentes, marque une nouvelle étape dans la recherche d’une solution durable au conflit israélo-palestinien. La réussite de ce plan dépendra de la capacité de toutes les parties prenantes à surmonter les obstacles et à travailler ensemble pour un avenir plus stable et prospère pour la région.
