Le gouvernement de Mark Carney abat ses cartes à quelques jours de sa grande réunion financière. L’événement, coorganisé avec l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada et l’Office d’investissement des pensions du secteur public, réunira au prestigieux hôtel Four Seasons quelque 30es 300 dirigeants et représentants de fonds souverains mondiaux.
Le Port de Churchill et les mégaprojets d’infrastructure sous les projecteurs
Parmi les dossiers les plus onéreux figurent des chantiers d’envergure nationale répartis dans huit catégories distinctes. Le document répertorie ainsi 11 projets d’énergie conventionnelle, 31 initiatives d’énergie propre, 63 opportunités minières, 16 chantiers maritimes et portuaires, 11 dans l’énergie et les services publics, 10 dans le numérique, 19 dans la fabrication de pointe et 6 dans les transports.
L’unique port en eau profonde de l’Arctique canadien pourrait ainsi se doter d’un corridor d’exportation de gaz naturel liquéfié et de mises à niveau ferroviaires pour devenir un pôle commercial permanent.
La stratégie de diversification énergétique face aux tensions américaines
La question de l’exportation énergétique occupe une place centrale dans cette vitrine économique. Cinq projets spécifiques ciblent le gaz naturel liquéfié.
Le terminal flottant Ksi Lisims dans le nord de la Colombie-Britany-Britannique se distingue par son état d’avancement. Il est décrit dans le document comme étant fully permitted and shovel ready,
selon les précisions obtenues par CBC News.
Le secteur pétrolier n’est pas en reste. Le tracé de 1 250 kilomètres reliant l’Alberta à la côte sud britanno-colombienne cherche des partenaires financiers par le biais de capitaux propres, de dettes et d’accords d’enlèvement. Ce dernier réutiliserait des tronçons de l’oléoduc Keystone XL abandonné sur le sol canadien afin de desservir les marchés de raffinage du Midwest américain.
Des ambitions ferroviaires aux investissements ciblés
Le prospectus aborde aussi la mobilité terrestre à travers des liaisons à grande vitesse.

Cependant, le tri opéré par le gouvernement comporte des absences notables. Le projet ferroviaire à grande vitesse Alto, qui devait relier Toronto à Québec, a été écarté en raison des oppositions soulevées par les expropriations foncières nécessaires. De même, les pistes de privatisation des grands aéroports nationaux un temps envisagées par l’administration de Mark Carney ne figurent pas au menu.
Interrogé par le quotidien The Globe and Mail, le ministre de l’Énergie Tim Hodgson a qualifié ces propositions de conversation starters
destinées à stimuler l’intérêt des grands pourvoyeurs de capitaux mondiaux. Il a affirmé que c’était précisément l’objectif recherché, ajoutant qu’il était nécessaire de poursuivre le renforcement du Canada et d’y attirer les capitaux pour bâtir.
Perspectives pour le sommet de Toronto
Si certaines propositions affichent des maturités avancées, d’autres, à l’instar d’un projet de graphite et de minéraux critiques en Saskatchewan, en sont encore aux phases préliminaires d’évaluation environnementale et économique.
Les discussions qui s’ouvriront lundi à Toronto permettront de mesurer l’appétit réel des fonds d’investissement face à ces opportunités présentées par le gouvernement fédéral et les provinces.
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