La réduction des aliments ultra-transformés pourrait prévenir des milliers de décès par maladies cardiovasculaires
Des experts affirment que des milliers de personnes pourraient éviter de mourir de maladies cardiovasculaires en réduisant leur consommation d’aliments ultra-transformés (AUT). Une étude de modélisation suggère que ces produits, qui composent désormais plus de la moitié du régime alimentaire moyen au Royaume-Uni et aux États-Unis, pourraient être à l’origine d’environ un tiers des cas de maladies cardiaques.

Une corrélation significative avec les maladies cardiaques
Les résultats, publiés dans l’American Journal of Preventive Medicine et présentés lors du Congrès international sur l’obésité à Mexico, indiquent qu’entre 23 % et 37 % des cas de maladies cardiaques, et entre 23 % et 38 % des décès liés à ces pathologies, pourraient être attribuables à la consommation d’AUT. Menée par des chercheurs de l’Université de Montréal, l’étude s’est concentrée sur des données canadiennes. Selon les experts, pour la seule année 2019, l’apport en AUT aurait été associé à 58 200 à 96 000 nouveaux cas de maladies cardiovasculaires, ainsi qu’à 10 600 à 17 400 décès. Les chercheurs estiment qu’une réduction de 20 % à 50 % de la consommation d’AUT aurait pu prévenir entre 3 100 et 8 300 décès liés à ces causes.
Le défi des mesures structurelles
Les auteurs de l’étude soulignent que les AUT dominent l’environnement alimentaire, rendant leur consommation excessive largement involontaire. Ils soutiennent que si l’éducation du public reste importante, son impact est limité sans un soutien politique et environnemental plus large. Pour favoriser un changement significatif, les chercheurs préconisent des mesures structurelles, notamment : * Des réglementations sur les taxes alimentaires ; * Un étiquetage nutritionnel clair sur le devant des emballages ; * Des restrictions sur le marketing des produits ultra-transformés ; * Des objectifs de reformulation pour améliorer la qualité nutritionnelle.
Débats scientifiques et limites méthodologiques
Malgré ces conclusions, certains experts soulignent des limites importantes. Il soulève une question fondamentale : les effets observés sont-ils dus au processus industriel lui-même ou simplement aux méfaits bien connus d’un régime riche en sucres, en sel et en graisses saturées ?

Nouvelles pistes sur les mécanismes biologiques
Parallèlement aux études de modélisation, une recherche publiée dans Critical Reviews in Food Science and Nutrition apporte des éléments sur les mécanismes biologiques potentiels. En analysant les données de 15 200 participants issus de l’étude européenne EPIC, les chercheurs ont identifié une « signature métabolique » distincte associée à une consommation élevée d’AUT. L’étude a révélé que les personnes consommant beaucoup d’aliments ultra-transformés présentent des niveaux plus élevés d’acides gras « nocifs » et une diminution des acides gras essentiels à la santé cellulaire. « Notre étude souligne l’impact métabolique potentiel des AUT et souligne la nécessité de recherches supplémentaires pour clarifier les voies biologiques reliant la transformation des aliments aux maladies chroniques », a déclaré la Dre Jessica Blanco-Lopez, auteure principale de ces travaux. Bien que ces recherches renforcent le lien entre le régime alimentaire et la santé, les experts rappellent que la prudence reste de mise. Le manque de preuves directes, via des essais cliniques à long terme, laisse le débat ouvert sur l’ampleur exacte de l’effet du traitement industriel des aliments par rapport à leur composition nutritionnelle intrinsèque.
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