Frappes israéliennes au Liban font au moins 10 morts, menaçant la fragile trêve avec le Hezbollah
BAALBEK, Liban – Au moins dix personnes ont été tuées et cinquante autres blessées dans des frappes israéliennes sur la vallée de la Bekaa au Liban, ont indiqué vendredi deux sources de sécurité. Ces frappes, parmi les plus meurtrières signalées dans l’est du Liban ces dernières semaines, risquent de rompre la trêve négociée par les États-Unis entre le Hezbollah et Israël, déjà fragilisée par des accusations mutuelles de violations.
L’armée israélienne (IDF) a confirmé avoir ciblé des centres de commandement du Hezbollah dans la région de Baalbek, affirmant qu’ils étaient utilisés pour préparer des attaques contre ses troupes et son territoire. Dans un message publié sur X (anciennement Twitter), l’IDF a déclaré que ces centres servaient également de lieux de stockage d’armes et de fonds appartenant au Hezbollah, ce qui constituerait une violation des accords existants.
Des sources proches du Hezbollah ont indiqué qu’un haut responsable du groupe était parmi les victimes. Le Hezbollah n’a pour l’instant pas fait de commentaire.
Par ailleurs, l’IDF a annoncé plus tôt dans la journée avoir frappé un centre de commandement du Hamas dans la zone d’Ain al-Hilweh, un camp de réfugiés palestiniens densément peuplé près de Sidon, en réponse à des violations répétées de la trêve.
Ces frappes interviennent dans un contexte de tensions croissantes le long de la frontière libano-israélienne. Depuis le 8 octobre 2023, date de l’attaque du Hamas contre Israël et du début de la guerre à Gaza, le Hezbollah a intensifié ses attaques contre Israël. Israël a répliqué en menant des frappes aériennes et terrestres contre des positions du Hezbollah, visant à affaiblir ses capacités militaires et à permettre le retour de plus de 60 000 habitants déplacés du nord d’Israël.
La trêve de novembre 2023, négociée par les États-Unis, prévoyait le retrait des combattants du Hezbollah et d’Israël du sud du Liban, avec le déploiement de l’armée libanaise pour assurer la sécurité de la région. Israël s’est retiré de la plupart des postes stratégiques le long de la frontière, ne conservant que cinq positions.
Selon l’IDF, plus de 400 combattants du Hezbollah et de groupes affiliés ont été tués dans les frappes depuis la trêve. L’armée israélienne affirme avoir ciblé des centaines de sites du Hezbollah et avoir mené plus de 1 200 raids et opérations à petite échelle dans le sud du Liban.
L’escalade actuelle des hostilités suscite des inquiétudes quant à une possible reprise du conflit à grande échelle entre Israël et le Hezbollah, ce qui pourrait avoir des conséquences dévastatrices pour le Liban, déjà confronté à une grave crise économique et politique. La situation est d’autant plus préoccupante que les tensions régionales sont exacerbées par la guerre à Gaza et les craintes d’une implication accrue de l’Iran, principal allié du Hezbollah.
Les frappes de vendredi soulignent la fragilité de la trêve et la nécessité urgente d’une désescalade pour éviter une nouvelle spirale de violence. La communauté internationale appelle toutes les parties à faire preuve de retenue et à s’engager dans un dialogue constructif pour trouver une solution durable au conflit.
