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Fin de New START : vers une nouvelle course aux armements ?

La dernière ligne de défense nucléaire s’effondre : le traité New START arrive à échéance

Washington – Le dernier traité majeur limitant les arsenaux nucléaires des États-Unis et de la Russie arrive à expiration ce mercredi, plongeant le monde dans une ère d’incertitude accrue et ravivant les craintes d’une nouvelle course aux armements. Le traité New START, en vigueur depuis 2011, était le dernier rempart contre une prolifération incontrôlée des armes nucléaires entre les deux puissances qui détiennent encore l’écrasante majorité des ogives nucléaires mondiales.

L’expiration du traité, fruit de longues négociations menées par Rose Gottemoeller sous l’administration Obama, survient dans un contexte de tensions géopolitiques exacerbées, notamment en raison de la guerre en Ukraine. Si une prolongation semble improbable à court terme, l’histoire a montré que même en période de crise, Washington et Moscou ont pu séparer la question nucléaire des autres différends, selon Gottemoeller, aujourd’hui chercheuse à l’Université de Stanford.

“Historiquement, nous avons toujours considéré ces armes comme tellement importantes, tellement existentielles pour la survie humaine, que nous devions continuer à en parler, quoi qu’il arrive”, explique-t-elle. “Nous pourrions revenir à cette approche assez facilement si nous le voulions.”

Le traité New START limitait le nombre de têtes nucléaires déployées à 1 550 pour chaque pays, ainsi que le nombre de vecteurs (missiles et bombardiers) à 700. Sa prolongation de cinq ans en 2021, négociée par les présidents Joe Biden et Vladimir Poutine, avait été perçue comme un signe d’espoir. Mais la situation a radicalement changé avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.

En février 2023, Poutine a annoncé la suspension de la participation russe aux mesures de vérification du traité, tout en affirmant continuer à respecter les limites numériques. Désormais, aucun des deux pays n’est plus lié par ces restrictions, ce qui soulève des inquiétudes quant à un retour à la course aux armements qui avait caractérisé la Guerre Froide.

Un contexte mondial en mutation

L’environnement géopolitique actuel est radicalement différent de celui de 2010, lorsque New START a été négocié. L’optimisme qui régnait alors, nourri par le discours de Barack Obama à Prague en 2009 appelant à un monde sans armes nucléaires, a laissé place à une atmosphère de méfiance et de confrontation.

“Le monde est sur le point de vivre ce que certains appellent un nouvel âge nucléaire”, souligne un récent rapport de Vox. La Russie a régulièrement menacé d’utiliser des armes nucléaires en Ukraine, l’ancien président Donald Trump a évoqué la possibilité de reprendre les essais nucléaires américains, et les alliés des États-Unis, inquiets de la fiabilité des garanties de sécurité américaines, envisagent de développer leurs propres capacités nucléaires.

Parallèlement, la Chine connaît une expansion rapide de son arsenal nucléaire, ce qui pourrait créer une situation complexe pour le contrôle des armements. L’intégration de nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle, dans les systèmes nucléaires pourrait également déstabiliser l’équilibre de la dissuasion.

Trump, un facteur d’incertitude

L’attitude de Donald Trump, qui a souvent exprimé son désir de négocier la “dénucléarisation” avec la Russie et la Chine, reste un facteur d’incertitude. Bien qu’il ait critiqué les accords de contrôle des armements par le passé, il a également laissé entendre qu’il serait ouvert à des négociations.

“Quand on supprime les restrictions nucléaires, c’est un gros problème”, a-t-il déclaré en juillet dernier, sans préciser ses intentions.

L’espoir d’un dialogue

Malgré le pessimisme ambiant, certains experts restent optimistes quant à la possibilité de relancer le dialogue sur le contrôle des armements. Rose Gottemoeller souligne que, même en période de tensions, il est possible de séparer la question nucléaire des autres différends.

“Nous avons une longue histoire de négociations avec la Russie, et nous savons comment gérer ces questions délicates”, explique-t-elle. “Il est essentiel de maintenir un canal de communication ouvert pour éviter les malentendus et les escalades.”

La situation actuelle exige une approche pragmatique et une volonté politique forte de la part des deux puissances nucléaires. L’avenir de la sécurité mondiale pourrait bien en dépendre.

[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube expliquant le fonctionnement du traité New START ou les dangers de la prolifération nucléaire.]

[Intégration potentielle d’un post X (anciennement Twitter) d’un expert en armement ou d’une organisation internationale sur le sujet.]

[Lien vers le rapport de l’Outrider Foundation mentionné dans l’article original : https://outrider.org/ ]

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