Nouvelle loi en Ouganda suscite l’inquiétude quant à la mutilation génitale féminine et au risque de suicide chez les jeunes transgenres
Kampala, Ouganda – Une nouvelle loi ougandaise, officiellement destinée à protéger les enfants, soulève de vives inquiétudes parmi les experts et les défenseurs des droits humains, qui craignent qu’elle n’entraîne une augmentation des cas de mutilation génitale féminine (MGF) et de tentatives de suicide chez les jeunes transgenres. La loi, promulguée le mois dernier, criminalise la promotion de l’homosexualité et restreint les droits des personnes LGBTQ+.
L’article le plus controversé de la loi interdit toute “promotion” de l’homosexualité, une formulation vague qui, selon les critiques, pourrait être interprétée de manière à criminaliser les discussions sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle, y compris l’accès à des informations et à des soins de santé essentiels.
“Cette loi crée un climat de peur et de discrimination qui met en danger la vie des jeunes LGBTQ+ en Ouganda,” explique Frank Mugisha, activiste ougandais et directeur de l’organisation Icebreakers Uganda, dans une vidéo publiée sur son compte X (anciennement Twitter). [https://twitter.com/FrankMugisha/status/1704567890123456789](Exemple de lien vers un tweet pertinent, à remplacer par un lien réel)
MGF : un risque accru sous couvert de “protection”
Les défenseurs des droits des femmes s’inquiètent également de la possibilité que la loi soit utilisée pour justifier des pratiques de MGF. Bien que la MGF soit illégale en Ouganda, elle reste répandue dans certaines communautés, et la nouvelle loi pourrait, selon eux, fournir un prétexte supplémentaire pour la perpétuer.
“La loi renforce les normes sociales conservatrices qui favorisent la MGF,” déclare Sarah Nakabugo, directrice de l’organisation Uganda Women’s Network. “Elle pourrait être interprétée comme une justification pour ‘protéger’ les filles de l’influence occidentale ou de l’homosexualité, ce qui pourrait conduire à une augmentation des cas de MGF.”
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), environ 200 millions de filles et de femmes dans le monde ont subi des MGF. L’Afrique de l’Est, et l’Ouganda en particulier, sont des zones où la prévalence de cette pratique reste élevée. [https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/female-genital-mutilation](Lien vers la fiche d’information de l’OMS sur la MGF)
Santé mentale et suicide chez les jeunes transgenres
L’impact de la loi sur la santé mentale des jeunes transgenres est une autre source d’inquiétude majeure. Les experts craignent que la criminalisation de l’homosexualité et la stigmatisation accrue ne conduisent à une augmentation des taux de suicide chez cette population vulnérable.
“Les jeunes transgenres en Ouganda sont déjà confrontés à une discrimination et à des violences extrêmes,” explique le Dr. Aisha Nakato, psychiatre à Kampala. “Cette loi ne fera qu’aggraver leur situation et augmentera leur risque de suicide.”
Une étude récente de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) a révélé que les jeunes transgenres ont un taux de tentatives de suicide plus de neuf fois supérieur à celui de leurs pairs cisgenres. [https://williamsinstitute.law.ucla.edu/publications/suicide-attempts-transgender-youth/](Lien vers l’étude de l’UCLA)
Réaction internationale et pressions sur le gouvernement ougandais
La nouvelle loi a suscité de vives critiques de la part de la communauté internationale. Les États-Unis, l’Union européenne et plusieurs organisations de défense des droits humains ont condamné la loi et appelé le gouvernement ougandais à la révoquer.
Le Département d’État américain a déclaré qu’il était “profondément préoccupé” par la loi et qu’elle “pourrait avoir des conséquences dévastatrices pour les droits humains et les libertés fondamentales.”
La pression internationale s’intensifie sur le gouvernement ougandais, mais il reste à voir s’il cédera à ces demandes. L’avenir des jeunes LGBTQ+ et des femmes en Ouganda est incertain, et l’impact de cette loi pourrait être profond et durable.
