La Chambre des représentants des États-Unis a adopté, le mercredi 23 juillet 2026, un projet de loi de défense massif de 1,15 billion de dollars. Ce texte, qui inclut des fonds pour la guerre contre l’Iran et un renforcement des liens militaires avec Israël, a été voté à 216 voix contre 212, selon Al Jazeera.
Ce vote, largement aligné sur les lignes partisanes, marque une étape cruciale pour les priorités de Donald Trump, tout en exacerbant la fracture politique à Washington. Si six Démocrates ont voté en faveur du texte, sept Républicains s’y sont opposés, d’après les chiffres rapportés par The Times of Israel.
Le financement du conflit iranien et le budget global
Le cœur du projet de loi, le National Defense Authorization Act (NDAA) pour 2027, autorise un budget de défense sans précédent de 1,15 billion de dollars.

Une part spécifique et controversée de ce budget est dédiée aux opérations en cours. Selon Streamlinefeed, des milliards de dollars sont explicitement alloués au théâtre iranien pour reconstituer les stocks de munitions de précision et financer le déploiement des groupes aéronavals dans le golfe Persique.
L’ampleur réelle des dépenses est cependant contestée. Adam Smith, membre démocrate de la commission des forces armées, estime que le coût total approche les 1,6 billion de dollars si l’on inclut les efforts séparés pour booster les stocks d’armes et payer la guerre, comme le rapporte AP News.
« Les Américains ont du mal à payer leurs factures et nous allons mettre 1,6 billion de dollars dans le budget de la défense. Ce n’est pas une demande raisonnable. » Adam Smith, membre démocrate de la commission des forces armées, via AP News
L’extension des coopérations militaires avec Israël
Le texte prévoit l’allocation de 750 millions de dollars pour des projets militaires conjoints États-Unis-Israël. Ce montant se décompose ainsi, selon The Times of Israel :
- 500 millions de dollars pour la défense antimissile.
- 100 millions de dollars pour les systèmes de lutte contre les drones.
- 100 millions de dollars pour les opérations souterraines.
- 50 millions de dollars pour les technologies émergentes.
Cette coopération accrue a suscité de vives réactions. Le représentant républicain Thomas Massie a qualifié ce rapprochement des chaînes d’approvisionnement et des technologies militaires de trahison de notre souveraineté, comme l’indique Al Jazeera.
Le passage au « Department of War » et les coûts administratifs
L’une des mesures les plus symboliques du projet de loi est la transformation officielle du Department of Defense en Department of War (Département de la Guerre). Bien que Donald Trump ait déjà utilisé un décret présidentiel l’année dernière pour ce changement de nom, l’approbation du Congrès est nécessaire pour le rendre officiel, précise AP News.
Priorités politiques et clauses sociales controversées
Le projet de loi sert également de véhicule pour d’autres priorités de l’administration Trump. Speaker Mike Johnson a fait inclure le SAVE America Act, un projet de réforme électorale visant à imposer de nouvelles restrictions sur le vote, rapportent AP News et republicworld.com.
Le texte contient également des mesures sociales et administratives spécifiques :
- L’interdiction des soins médicaux liés au genre dans le cadre du programme de santé militaire TRICARE.
- L’assouplissement des règles permettant aux militaires de porter une arme à feu privée sur les bases, suivant l’impulsion du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, selon AP News.
- L’octroi de 12 milliards de dollars d’aide aux agriculteurs touchés par la guerre commerciale de Donald Trump.
Incertitudes au Sénat et prochaines échéances
Malgré son adoption à la Chambre, l’avenir du texte reste flou au Sénat. Les démocrates, menés par le leader Chuck Schumer, ont déjà qualifié le projet de permission slip
pour la guerre contre l’Iran, d’après Al Jazeera.

Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a récemment témoigné devant le Sénat, affirmant que le Pentagone manquait de fonds, rapporte republicworld.com.
À ne pas manquer