États-Unis : Accord pour Construire Deux Bases Militaires au Groenland

L’accord, scellé en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, met fin à des mois de tensions diplomatiques provoquées par les exigences de la Maison-Blanche. Le président des États-Unis avait à plusieurs reprises insisté sur la nécessité de contrôler ce territoire autonome pour des raisons de sécurité nationale, allant jusqu’à évoquer la possibilité d’une acquisition par la force. La signature a finalement eu lieu dans une ambiance qualifiée de détendue et amicale, le président Donald Trump déclarant lors de sa signature que les États-Unis allaient entretenir une relation formidable et sécurisée, et ajoutant que cet accord était formidable pour l’Europe et pour les États-Unis, pour tout le monde, et qu’il allait être incroyable pour le Groenland, réunissant les dirigeants des trois parties concernées à New York, selon la couverture détaillée de l’événement par le radiodiffuseur public britannique.

Implantation des bases à Narsarsuaq et Mestersvig

Le pacte autorise Washington à établir une zone de défense dans le sud de l’île, précisément sur le site de Narsarsuaq, qui abritait durant la guerre froide la base de Bluie West One avant d’être fermée dans les années 1950, réduisant la population locale à quelques dizaines de résidents. Une seconde installation verra le jour à Mestersvig, sur la côte est, un poste militaire actuellement utilisé par la Patrulha Sirius — ou la Sirius Dog Sled Patrol, une unité spéciale danoise de patrouille de chiens de traîneau. Ces infrastructures s’ajoutent à la base spatiale de Pituffik, située dans le nord de l’île et qui compte actuellement plus de 100 ou environ 150 militaires américains selon les sources.

Durant la guerre froide, la présence militaire américaine était considérablement plus lourde, englobant 17 installations et plus de 10 000 personnels. Le nouveau traité réactive une logique stratégique similaire, tout en précisant que le texte accorde des droits permanents d’accès, de stationnement et de survol, comme l’a rapporté l’agence de presse militaire américaine spécialisée dans l’actualité de la défense.

Souveraineté danoise et barrières contre les investissements étrangers

Le texte officiel réaffirme explicitement la souveraineté et l’intégrité territorial du royaume du Danemark, tout en reconnaissant le droit fondamental du peuple groenlandais à l’autodetermination. Les dirigeants danois et groenlandais ont insisté sur le fait que l’architecture du traité protège les intérêts locaux et institutionnels de l’île de 56 000 à 57 000 habitants selon les estimations, assurant que le mécanisme demeure valide même si le territoire venait à proclamer son indépendance vis-à-vis de Copenhague. En contrepartie, le territoire doit demeurer ou adhérer à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord en cas de sécession, ainsi que le stipulent les détails juridiques fournis par les correspondants internationaux sur place.

États-Unis : Accord pour Construire Deux Bases Militaires au Groenland
Photo: ommcomnews.com
US to build 2 military bases in southern and eastern Greenland - The Korea Times
Photo: koreatimes.co.kr

Afin d’écarter toute influence jugée menaçante, l’article idoine du traité érige un bouclier juridique interdisant aux États et aux investisseurs extérieurs à l’OTAN ou à l’Union européenne de détenir un contrôle, une influence significative ou un accès à des informations non publiques dans les secteurs particulièrement sensibles de l’économie et de la géographie groenlandaises, la formulation exacte du texte précisant que les Parties conviennent que les États ou les investisseurs issus d’un État qui n’est pas membre de l’OTAN, partenaire de l’OTAN ou membre de l’Union européenne ne seront pas autorisés à exercer un contrôle, une influence significative ou à avoir accès à des informations non publiques susceptibles de constituer une menace pour la sécurité nationale ou l’ordre public au sein de secteurs ou d’activités particulièrement sensibles sur le territoire du Groenland (y compris ses eaux territoriales), à moins qu’il ne soit convenu entre les Parties que les activités de ces États ou investisseurs ne constitueraient pas une menace pour la sécurité nationale ou l’ordre public.

Le président Donald Trump a déclaré lors de son allocution à l’ONU que cet accord, conclu avec le royaume du Danemark, un pays incroyable et magnifique, conférait aux États-Unis un contrôle permanent sur la sécurité et sur tous les autres besoins de ce territoire de la part du peuple groenlandais lui-même.

Réactions politiques à Copenhague et à Nuuk

Du côté des autorités danoises, l’accord est perçu comme une victoire diplomatique majeure qui replace la sécurité arctique sous l’égide multilatérale de l’alliance atlantique plutôt que de la laisser aux seules négociations bilatérales entre Copenhague et Washington. Les partis politiques représentés au Parlement danois ont majoritairement fait savoir qu’ils soutiendraient le texte.

Satellite Images Reveal Where US Plans to Build Two New Military Bases in Greenland

Les dirigeants de Nuuk ont salué un compromis respectueux de leurs prérogatives, soulignant que l’accord s’est bâti avec leur participation active. Le premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, a déclaré que pour le Groenland, il ne s’agissait pas seulement d’un accord concernant son peuple, mais bien d’un accord conclu avec lui, et qu’il tenait compte des Groenlandais, de leurs droits, de leurs moyens de subsistance ainsi que du développement de leur pays, tout en ajoutant que le Groenland comptait pour la sécurité nord-américaine et transatlantique et que l’OTAN jouait un rôle clé dans le Nord-Atlantique.

Snow covers houses in Nuuk, Greenland. Some houses are red, with a church in the background
Photo: bbc.co.uk

La Première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, a souligné via Associated Press et la presse internationale qu’il y a soixante-quinze ans, le pays avait conclu un accord concernant la défense du Groenland, et qu’aujourd’hui, un accord encore plus vaste et meilleur était signé, à savoir un pacte susceptible de durer pour toujours.

L’alliance militaire a de son côté salué l’entente par la voix d’un porte-parole de l’OTAN, estimant qu’elle contribue à faire progresser la sécurité, la stabilité et la coopération dans cette région essentielle, dans un contexte marqué par la fonte des glaces, l’ouverture de nouvelles routes maritimes et la compétition pour l’accès aux ressources minières.

Trump signs deal with Greenland and Denmark to build U.S. military presence in Arctic

Sur le même sujet

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.