Plusieurs élus américains boycottent le discours sur l’état de l’Union de Trump, d’autres préparent des réponses
WASHINGTON (AP) – Le discours sur l’état de l’Union du président Donald Trump, prévu ce mardi soir, suscite des réactions contrastées au sein du Congrès américain, avec plusieurs élus californiens qui ont choisi de ne pas y assister. Ce boycott s’inscrit dans un contexte de fortes tensions politiques et de critiques persistantes à l’égard de la présidence Trump.
Le sénateur Adam Schiff, de Californie, a été l’un des premiers à annoncer son absence, dénonçant un président qu’il qualifie de corrompu et d’autoritaire. Dans une allocution au Sénat, Schiff a accusé Trump de saper les fondements de la démocratie américaine en concentrant le pouvoir entre ses mains et en transformant le Département de la Justice en un "fief personnel". Il a souligné que les pères fondateurs des États-Unis avaient mis en place des mécanismes de contrôle pour prévenir la tyrannie, des mécanismes qu’il estime être systématiquement démantelés par l’administration Trump.
Schiff n’est pas le seul à boycotter l’événement. Les représentants Robert Garcia, Sara Jacobs, Sydney Kamlager-Dove et Julia Brownley, tous de Californie, ont également annoncé qu’ils ne seraient pas présents.
En parallèle, le sénateur Alex Padilla, également de Californie, préparait une réponse en espagnol au discours de Trump, destinée à être diffusée à la télévision et en ligne. Padilla, fils d’immigrants, avait été victime d’une agression l’année dernière alors qu’il tentait de poser une question à la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, lors d’une opération d’immigration.
La Californie, qui dispose de la plus importante délégation au Congrès, a souvent joué un rôle central dans la politique nationale. L’image de l’ancienne présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, déchirant une copie du discours de Trump en 2020 reste gravée dans les mémoires.
Si les élus californiens ne prévoient pas nécessairement une action aussi spectaculaire cette année, leurs choix de convives sont significatifs. Le représentant Robert Garcia a invité Annie Farmer, une victime des abus sexuels commis par Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell. Le représentant Eric Swalwell a choisi Teresa J. Helm, une autre survivante des abus d’Epstein. D’autres élus ont invité des membres de leurs communautés, tandis que certains ont réservé des surprises pour le soir du discours. La pasteur Devon Jerome Crawford, de la Third Baptist Church de San Francisco, est l’invité de Nancy Pelosi.
Ces initiatives soulignent la volonté des élus californiens de porter des messages forts et de donner une voix à ceux qui sont souvent marginalisés. Le discours sur l’état de l’Union s’annonce donc comme un moment de confrontation politique et de témoignages poignants.
