Home NouvellesEnquête : Le Gouvernement Johnson Accusé d’Avoir Gaspié 10 Milliards en Équipements Médicaux

Enquête : Le Gouvernement Johnson Accusé d’Avoir Gaspié 10 Milliards en Équipements Médicaux

Un système de « voie prioritaire » jugé « malavisé »

Le gouvernement dirigé par Boris Johnson a gaspillé environ 10 milliards de livres sterling d’argent public lors de l’achat d’équipements de protection individuelle (EPI) pendant la pandémie de Covid-19, selon les conclusions officielles de l’enquête publique présidée par la baronne Heather Hallett. Ce montant représente près des deux tiers des 14,9 milliards de livres sterling dépensés pour ces équipements.

Un système de « voie prioritaire » jugé « malavisé »

Le rapport met en lumière le fonctionnement controversé de la « voie prioritaire » (ou « VIP lane »), mise en place en avril 2020. Ce système permettait de traiter avec une urgence accrue les offres de fournisseurs recommandés par des ministres, des députés, des membres de la Chambre des Lords ou d’autres hauts responsables. La baronne Hallett a qualifié cette politique de « tentative malavisée de priorisation » qui a « intégré une iniquité » dans les procédures d’urgence. Bien que l’enquête n’ait pas identifié de cas avéré de népotisme ou de corruption de la part des ministres et des fonctionnaires lors de l’attribution finale des contrats, le rapport souligne que le système était « intrinsèquement biaisé » en faveur des entreprises ayant des connexions politiques. Cette dynamique a « miné la confiance du public à un moment où elle était le plus nécessaire » et a « accru le risque d’abus ».

Un système de « voie prioritaire » jugé « malavisé »
Photo: The Independent

Une préparation insuffisante et une vulnérabilité critique

L’enquête révèle que le Royaume-Uni est entré dans la pandémie avec un stock d’EPI dans un état « périlleux ». Les plans d’urgence n’avaient jamais fait l’objet de tests de résistance, laissant les autorités dans l’obligation d’improviser. À la fin du mois de mars 2020, les stocks étaient épuisés, et seulement un tiers des masques disponibles dans les réserves anglaises étaient utilisables. En Écosse, il n’y avait aucun stock de masques respiratoires à haute performance. Cette impréparation a eu des conséquences directes sur le personnel de santé et les résidents des maisons de retraite, qui ont dû travailler sans protection adéquate. Le rapport souligne que la dépendance excessive du pays vis-à-vis de la Chine pour ses approvisionnements a laissé le Royaume-Uni « dangereusement exposé » lors de la course mondiale aux équipements.

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Le cas PPE Medpro et les limites de l’enquête

L’un des dossiers les plus emblématiques, celui de la société PPE Medpro — liée à la baronne conservatrice Michelle Mone et à son époux Doug Barrowman — a fait l’objet d’un traitement particulier. Bien que des preuves aient été entendues lors de l’enquête, les conclusions concernant cette entreprise ont été retirées du rapport final. Cette décision s’explique par l’enquête en cours menée par la National Crime Agency (NCA) sur l’attribution de ces contrats, d’une valeur de plus de 200 millions de livres sterling. La baronne Hallett a précisé que ses conclusions sur ce point précis ne seraient rendues publiques qu’après la conclusion de toute procédure pénale. À ce jour, aucune inculpation n’a été prononcée, et les deux personnes concernées nient tout acte répréhensible.

Le cas PPE Medpro et les limites de l'enquête
Photo: BBC

Recommandations pour l’avenir

Le rapport conclut que si une meilleure planification avait été en place, les décisions d’achat auraient été « plus équitables, plus rapides et moins coûteuses ». La baronne Hallett a insisté sur le fait que la « voie prioritaire » ne devait pas être rétablie à l’avenir.

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