Enquête Antitrust : L’UE cible les géants du ski Blizzard et Atomic
BRUXELLES – La Commission européenne a lancé des enquêtes antitrust auprès des fabricants de skis Blizzard (groupe Tecnica) et Atomic, ont révélé des sources proches du dossier. Les inspections surprises, menées lundi dernier dans les usines autrichiennes de Mittersill (Blizzard) et Altenmarkt (Atomic), s’inscrivent dans une vague de contrôles renforcés par l’UE après une pause liée à la pandémie de COVID-19.
L’enquête porte sur des soupçons de comportements anticoncurrentiels,sans que la nature précise de ces pratiques ne soit pour l’instant divulguée. La Commission européenne n’a pas fixé de délai pour la conclusion de l’enquête, sa durée dépendant de la complexité du dossier, du degré de coopération des entreprises et de l’exercice de leurs droits de défense.
Le groupe Tecnica, qui possède également les marques Moon Boot, Tecnica, Nordica et blizzard, a affirmé dans un communiqué coopérer pleinement avec les autorités et réaffirmer son respect de la législation en vigueur.
Contexte : La lutte contre les pratiques monopolistiques dans le secteur du sport
Ces enquêtes s’inscrivent dans une tendance plus large de renforcement du contrôle antitrust par l’UE, visant à garantir une concurrence loyale sur le marché unique. En septembre dernier, le géant pharmaceutique Sanofi avait déjà fait l’objet d’une inspection similaire pour des soupçons d’abus de position dominante.En mars, c’était au tour de plusieurs embouteilleurs de Coca-Cola d’être visés.
Le secteur des équipements de sport, et plus particulièrement celui du ski, est régulièrement scruté par les autorités de la concurrence en raison de la concentration de quelques acteurs majeurs et de la forte valeur ajoutée des marques. Les pratiques anticoncurrentielles peuvent prendre diverses formes, allant de la fixation des prix à la limitation de la distribution, en passant par des accords exclusifs qui entravent l’accès au marché pour les concurrents.
La Commission européenne dispose de pouvoirs importants pour sanctionner les entreprises reconnues coupables de telles pratiques,notamment en infligeant des amendes pouvant atteindre 10% de leur chiffre d’affaires mondial. L’objectif est de préserver la concurrence, d’encourager l’innovation et de garantir des prix justes pour les consommateurs.
