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Énergie renouvelable : Sécurité et souveraineté pour l’Europe

BRUXELLES – L’Europe ne doit pas gaspiller la crise actuelle des prix du pétrole, mais saisir l’opportunité d’investir massivement dans les énergies renouvelables, a exhorté lundi Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). S’exprimant lors du Sommet de la croissance verte à Bruxelles, il a souligné que la dépendance aux combustibles fossiles compromet la sécurité nationale et la souveraineté des pays européens.

« La dépendance aux combustibles fossiles sape la sécurité nationale et la souveraineté, la remplaçant par la soumission et l’augmentation des coûts », a déclaré M. Stiell. Il a insisté sur le fait que l’action climatique, loin d’être un fardeau, répond aux préoccupations majeures des citoyens européens : sécurité, emplois bien rémunérés, meilleure santé et lutte contre la hausse du coût de la vie.

Selon la CCNUCC, l’Europe a dépensé plus de 420 milliards d’euros en importations de combustibles fossiles en 2024. M. Stiell a mis en évidence le contraste frappant avec les investissements croissants dans les énergies propres, qui ont dépassé les 2 000 milliards de dollars en 2025, soit le double de ceux consacrés aux combustibles fossiles. Les énergies renouvelables sont désormais la principale source d’électricité mondiale, ayant dépassé le charbon.

« Les énergies renouvelables changent la donne », a-t-il affirmé, soulignant que le soleil et le vent ne sont pas soumis aux aléas géopolitiques et aux escortes navales coûteuses. Elles permettent aux pays de se protéger des turbulences mondiales et de s’affranchir d’une logique de puissance.

M. Stiell a également averti contre les tentatives de revenir en arrière, en doublant les investissements dans les combustibles fossiles au lieu d’accélérer la transition énergétique. « L’histoire nous enseigne que cette crise des combustibles fossiles se reproduira encore et encore », a-t-il prévenu, soulignant que la dépendance aux énergies fossiles expose les économies aux chocs géopolitiques et à la volatilité des prix.

Il a appelé les ministres européens réunis à Bruxelles à ne pas se contenter d’une dépendance timide aux importations de combustibles fossiles, qui condamne l’Europe à enchaîner les crises. Il a souligné le potentiel immense de l’Europe, forte de son éducation, de ses institutions solides, de sa réglementation intelligente, de son engagement en faveur de la justice sociale et de son esprit d’innovation, pour saisir le « trésor d’investissement » que représente la croissance verte.

M. Stiell a rappelé que l’Europe, à l’instar de ce qui s’est passé après la Seconde Guerre mondiale, peut construire un avenir de paix et de prospérité en plaçant l’énergie au cœur de sa coopération. Il a cité des entreprises européennes comme SSAB (acier vert), Maersk (transport maritime vert) et Holcim (ciment vert), ainsi que Siemens, Schneider et IPS (éolien, stockage d’énergie et électrotechnique) comme des exemples de leadership dans les industries propres.

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