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En quittant l’Afghanistan, les livres d’images fantomatiques du général américain entrent dans l’histoire

by Nouvelles

(Reuters) – Portant son fusil à ses côtés, le général de division Chris Donahue, commandant de la légendaire 82e division aéroportée, est devenu le dernier soldat américain à monter à bord du dernier vol hors d’Afghanistan une minute avant minuit lundi.

Prise avec un appareil de vision nocturne depuis une fenêtre latérale de l’avion de transport C-17, l’image fantomatique verte et noire du général marchant vers l’avion attendant sur le tarmac de l’aéroport Hamid Karzai de Kaboul a été publiée par le Pentagone quelques heures après les États-Unis a mis fin à sa présence militaire de 20 ans https://www.reuters.com/world/india/rockets-fired-kabul-airport-us-troops-race-complete-evacuation-2021-08-30 en Afghanistan.

Comme moment de l’histoire, l’image du départ de Donahue pourrait être projetée à côté de celle d’un général soviétique, qui a mené une colonne blindée à travers le pont de l’Amitié vers l’Ouzbékistan, lorsque l’Armée rouge a fait sa sortie définitive d’Afghanistan en 1989.

Achevant une opération militaire qui, avec l’aide d’alliés, a réussi à évacuer 123 000 civils d’Afghanistan, le dernier avion chargé de troupes américaines est parti sous couvert de la nuit.

Bien qu’il s’agisse d’une image fixe, Donahue semble bouger rapidement, son visage sans expression. Il porte un équipement de combat complet, avec des lunettes de vision nocturne sur son casque et un fusil à ses côtés. Il n’avait pas encore quitté l’Afghanistan et atteint la sécurité.

En revanche, les images du général Boris Gromov, commandant de la 40e armée de l’Union soviétique en Afghanistan, le montrent marchant bras dessus bras dessous avec son fils sur le pont traversant la rivière Amou-Daria, portant un bouquet de fleurs rouges et blanches.

Les retraits américains et soviétiques d’un pays qui est devenu le cimetière des empires ont été menés de manières très différentes, mais au moins ils ont évité la défaite calamiteuse subie par la Grande-Bretagne lors de la première guerre anglo-afghane en 1842.

L’image qui reste de ce conflit est la peinture à l’huile d’Elizabeth Thompson “Remnants of an Army” représentant un cavalier solitaire épuisé, le chirurgien assistant militaire William Brydon, se balançant sur la selle d’un cheval encore plus épuisé lors de la retraite de Kaboul.

Lorsque l’Armée rouge russe est partie, un gouvernement communiste pro-Moscou était toujours au pouvoir et son armée allait se battre pendant encore trois ans, alors que le gouvernement afghan soutenu par les États-Unis avait déjà capitulé et que Kaboul était tombée aux mains des talibans un peu plus de deux semaines avant le Date limite du 31 août pour le départ des troupes américaines.

Faisant une sortie ordonnée, les derniers des 50 000 soldats de Gromov ont encore subi des attaques isolées alors qu’ils se dirigeaient vers le nord jusqu’à la frontière ouzbèke, bien qu’ils aient payé des groupes de moudjahidines pour assurer un passage sûr le long du chemin.

La colonne de Gromov a traversé le pont de l’Amitié le 15 février 1989, mettant ainsi fin à la guerre de 10 ans de l’Union soviétique en Afghanistan, au cours de laquelle plus de 14 450 militaires soviétiques ont été tués.

Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il ressentait à l’idée de retourner sur le sol soviétique, Gromov aurait répondu: “Joie, que nous ayons accompli notre devoir et sommes rentrés à la maison. Je n’ai pas regardé en arrière.”

L’évacuation finale de Kaboul par les États-Unis sera jugée en fonction du nombre de personnes évacuées et de celles laissées sur place.

Mais Donahue et ses camarades porteront des images poignantes de leurs derniers jours chaotiques à Kaboul ; les parents leur passant des bébés à travers le fil de rasoir, deux jeunes Afghans tombant d’un avion montant haut dans le ciel, et le pire de tout, les conséquences d’un attentat suicide de l’État islamique à l’extérieur de l’aéroport le 26 août qui a tué des dizaines d’Afghans et 13 des leurs.

(Écrit par Simon Cameron-Moore ; édité par Lincoln Feast.)

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