Dollar sous pression, euro en hausse : les marchés scrutent les données économiques et les résultats de Nvidia
New York – Le dollar américain peine à retrouver son souffle malgré une amélioration macroéconomique aux États-Unis, tandis que l’euro bénéficie d’une stratégie active de l’ECB visant à renforcer son rôle international. La semaine à venir sera riche en données économiques clés, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni, et les marchés surveilleront de près les résultats de Nvidia, dont l’annonce pourrait influencer la volatilité des marchés.
L’épisode de vente massif du dollar américain mi-janvier laisse des traces durables, rappelant des tendances observées l’été dernier. Les données économiques solides de la semaine dernière n’ont pas suffi à relancer durablement la confiance dans la devise américaine, illustrant une fragilité persistante. Les analystes d’ING notent que le dollar a perdu une partie de son statut de valeur refuge, bien qu’il conserve pour l’instant une corrélation négative avec les actions américaines. Cette situation rend les devises à haut risque, comme le dollar australien, particulièrement vulnérables dans un environnement incertain.
Focus sur l’inflation américaine
Cette semaine, les investisseurs se concentreront sur plusieurs indicateurs américains. Les demandes hebdomadaires d’allocations chômage, publiées ce mardi, seront scrutées après des chiffres récents décevants. Vendredi, l’indice des prix à la consommation (IPC) de décembre et les chiffres du quatrième trimestre seront au centre de l’attention. L’IPC, l’indicateur d’inflation préféré de la Réserve fédérale américaine (Fed), devrait afficher une accélération de 0,3% en glissement mensuel, ce qui pourrait freiner les espoirs d’une baisse rapide des taux d’intérêt. Des chiffres solides de la croissance économique, combinés aux données de l’IPC, pourraient renforcer cette tendance.
L’ECB pousse à l’internationalisation de l’euro
Parallèlement, la Banque centrale européenne (BCE) intensifie ses efforts pour promouvoir l’utilisation de l’euro à l’échelle mondiale. L’annonce de lignes de repo en euros étendues à toutes les autorités monétaires, à l’exception de celles exclues pour des raisons légales, s’inscrit dans cette stratégie, calquée sur le dispositif mis en place par la Fed pour soutenir la dollarisation. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a souligné que l’internationalisation de l’euro ne se traduirait pas nécessairement par un renforcement de son taux de change, mais qu’elle pourrait stimuler les flux de capitaux de l’Amérique vers l’Europe.
Les données économiques de la zone euro, avec les indices PMI (indices des directeurs d’achat) publiés ce mardi et vendredi, pourraient également influencer les marchés, mais leur impact devrait être limité. Les analystes restent optimistes quant à ces indices, mais soulignent que le taux de change euro/dollar est actuellement soutenu par un comportement d’achat à la baisse, malgré des estimations de valorisation suggérant un risque de correction. Ils estiment qu’une baisse sous 1,18 dollar est plus probable qu’une hausse à 1,20 dollar à court terme.
Le Royaume-Uni face à une possible baisse des taux
Au Royaume-Uni, une semaine riche en données économiques pourrait confirmer la probabilité d’une baisse des taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre (BoE) en mars. Le rapport sur l’emploi de janvier, publié ce mardi, devrait montrer un refroidissement du marché du travail et un ralentissement de la croissance des salaires. Les données sur l’inflation de janvier, publiées mercredi, devraient également indiquer une baisse de l’inflation, notamment en raison de la baisse des prix du carburant et de l’impact décroissant de la taxe sur les écoles privées.
La situation politique britannique reste également à surveiller. Les paris politiques indiquent une probabilité de 70% que le Premier ministre Keir Starmer démissionne d’ici fin juin, ce qui pourrait entraîner des épisodes de dépréciation de la livre sterling. Combinée à une perspective de baisse des taux d’intérêt, cette incertitude politique renforce le sentiment positif envers l’euro par rapport à la livre, avec un objectif de 0,88 livre pour 1 euro.
Nvidia sous les projecteurs
Enfin, les marchés resteront attentifs aux résultats de Nvidia, prévus le 25 février. L’annonce de l’entreprise technologique pourrait avoir des implications significatives sur les marchés des changes, en particulier si elle entraîne une nouvelle vague de volatilité.
Les analystes d’ING estiment que les risques sont à la hausse pour le dollar cette semaine, mais manquent de conviction quant à un redressement durable. Ils soulignent que les volumes devraient être plus faibles ce lundi en raison d’un jour férié aux États-Unis.
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