"Dogman", un puissant drame humain de Matteo Garrone

"Dogman", un puissant drame humain de Matteo Garrone

Histoire: Daniel Wolfromm
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Méfiez-vous de l'eau qui dort! Marcello, propriétaire du signe "Dogman" semble si affable et doux. Pas très effrayant, avec ses poids plume. Il est même gentil, franchement, et pas seulement avec ses chiens. Dans sa banlieue balnéaire pauvre, Marcello rêve de ses voyages en mer avec sa fille Alida pour explorer les fonds marins. Et oui, c'est pour leur offrir qu'il accepte de temps en temps d'être complice du vol (et d'autres grossièretés) de Simoncino, ancien dompteur qui terrorise le quartier. Pas plus. Un seul jour, la jeune brute mène dans une affaire qui aura pour effet de l'exclure définitivement du quartier où il a eu sa place et son rang. Marcello, l'agneau doux, va changer de visage … Qui est bestial? Avec "Dogman", Matteo Garrone revient, dix ans après "Gomorra", dans un milieu marqué par la criminalité. Mais ce film ne parle pas de la scène du crime ou du film de gangsters. C'est un drame, humain, qui aborde la question des choix que nous faisons et de leurs conséquences. Qu'est-ce qui explique pourquoi un homme aussi calme, discret et bienveillant que Marcello trahit ses proches pour un criminel de bas niveau? Garrone examine le fonctionnement humain dans ses extrêmes, allant jusqu'à filmer la violence la plus «bestiale». Et les confronts, plan sur le plan, le comportement des animaux de Marcello, le sentiment même de l'apaisement qu'ils fournissent.
"Dogman": la bande-annonce

"Dogman" est un film puissant, profond et brillamment dirigé. Il y a Quentin Tarantino dans la brutalité exposée. Mais aussi beaucoup de poésie. Dans une vie antérieure, Garrone était un peintre. Les plans de "Dogman" sont des peintures: pas pour leur beauté plastique, même si la photo est à mettre en valeur, conçue comme les photographies de Martin Parr, mais parce qu'elles sont d'une expressivité rare.

"Dogman" de Matteo Garrone, l'histoire d'un toiletteur de chiens hanté par la vengeance.
© Greta De Lazzaris

Les paysages, tout d'abord, description de ce presque village avec l'air d'une station balnéaire abandonnée ou d'une scène occidentale déserte: les bâtiments sont en ruines, le gris domine et pourtant une vraie vie existe. L'atmosphère de "Gomorra" n'est pas si lointaine. Portraits curieux Les portraits alors: celui de Marcello, beau Marcello Fonte, visage doux et brisé à la fois, inséparable de sa voix nasale. Celui de Simoncino (le "petit" Simon, puissant Edoardo Pesce) le mien cicatrisé et le corps accablant et accablant.

© Le Pacte

Et qu'en est-il des voisins marchands Marcello, des visages aussi rassurants que ceux d'un usurier ou d'une mafia? Leur moralité revendiquée, leur respect des codes de bonne conduite ressortent d'ailleurs du crime qu'ils sont censés dénoncer … Le portrait des chiens enfin, comme des tableaux de genre du XIXe siècle français ou anglais. De ces scènes émane la tendresse, la nuance de l'humour, du réalisateur. Comme un clin d'oeil, en ces temps incertains. THE FICHEGenre: Drame policier
Réalisateur: Matteo Garrone
Pays: Italie
Acteurs: Adamo Dionisi, Edoardo Pesce, Marcello CastDurée: 1h42
Publication: 11 juillet 2018Synopsis: Dans une banlieue défavorisée, Marcello, toiletteur Pour les chiens discrets et appréciés de tous, il revient de prison son ami Simoncino, un ancien boxeur accro à la cocaïne qui, rapidement, racket et brutalise le quartier. D'abord confiant, Marcello se laisse entraîner malgré lui dans une spirale criminelle. Il apprend alors la trahison et l'abandon, avant d'imaginer une vengeance féroce …

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