Le prix moyen du diesel au Royaume-Uni a atteint un record historique de 199,33 pence le litre, selon l’organisation automobile RAC. Cette flambée des tarifs, alimentée par les perturbations mondiales de l’approvisionnement pétrolier consécutives au conflit entre les États-Unis et l’Iran amorcé en février, pèse lourdement sur les entreprises de transport et les centres de formation professionnelle.
Les cours des carburants s’envolent à travers l’Europe et au-delà sous l’effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Au Royaume-Uni, l’organisation automobile RAC a enregistré le tarif moyen du diesel à un niveau inédit de 199,33 pence le litre, tandis que l’essence grimpe à 174,23 pence le litre. Une situation similaire s’observe en France, où le tarif moyen du gazole a franchi les 2,41 euros, d’après une analyse d’Agence France-Presse (AFP) basée sur les données de plus de 8 700 stations-service affichées sur le site du ministère de l’Économie.
Cette hausse vertigineuse découle directement du conflit armé entre les États-Unis et l’Iran, déclenché en février, aggravé par les hostilités au Yémen et les frappes ciblant les infrastructures énergétiques saoudiennes. L’indice international Brent se maintient ainsi au-dessus de 100 dollars le baril, après un bond d’environ un cinquième sur le seul mois de septembre.

L’impact de la flambée du gazole sur la formation des conducteurs de poids lourds à Shropshire
Dans le Shropshire, les répercussions de cette crise se font durement ressentir pour les acteurs de la filière logistique. Dulson Training, une entreprise familiale qui enseigne la conduite des camions et des bus, doit composer avec des pleins de carburant nettement plus onéreux qu’en 2025, affichant une augmentation atteignant jusqu’à 50 pence par litre hors TVA sur les douze derniers mois selon son directeur général Steve Dulson.
L’entreprise possède six centres de formation répartis à Shrewsbury, Telford, Ludlow, Wrexham, Wolverhampton et Nantwich. Pour absorber ces surcoûts sans compromettre la qualité de ses services, la structure tente de limiter ses dépenses énergétiques à la marge.
La direction évoque des économies de carburant réalisables en extending breaks
ou en adoptant des take routes that don’t use as much fuel
lors des leçons pratiques sur route. Steve Dulson souligne que la société honore ses engagements contractuels malgré la pression financière exercée par les cours pétroliers, déclarant que le client a payé pour un travail qui sera exécuté du mieux possible.
Les difficultés d’ajustement tarifaire face aux cycles de formation
Répercuter immédiatement ces hausses sur les nouveaux élèves relève du défi en raison du déroulement séquentiel des formations. Les apprentis conducteurs s’engagent dans un parcours de longue haleine avant d’accéder aux leçons pratiques.
Les clients débutent généralement par des examens médicaux, l’obtention de permis provisoires ou la validation du code de la route bien avant de monter à bord d’un poids lourd. Lorsque survient l’étape de la formation pratique, leurs tarifs sont fixés de longue date, ce qui paralyse toute révision instantanée des prix.
Nos clients sont généralement dans notre système depuis un certain temps, passent des examens médicaux, demandent un [permis] provisoire ou passent le code de la route, si bien qu’au moment d’arriver à la formation pratique, et alors que les prix du carburant ont augmenté, un devis leur a déjà été établi.
Steve Dulson, managing director de Dulson Training
Cette inertie contractuelle protège provisoirement les candidats contre les chocs immédiats, mais elle fragilise la trésorerie des structures formatrices. La direction envisage toutefois des réajustements tarifaires pour l’année prochaine si la situation énergétique ne connaît pas d’inflexion favorable, à moins d’un ralentissement économique.
À l’approche de l’année prochaine, nous devrons peut-être augmenter nos tarifs pour tenir compte de ce que nous traversons, à moins qu’il n’y ait un ralentissement.
Steve Dulson, managing director de Dulson Training
Les répercussions économiques et sociales en Europe
Au-delà du secteur spécifique des transports, la persistance de cette cherté énergétique ravive des inquiétudes sociétales majeures. En France, le gouvernement redoute l’émergence de nouvelles tensions semblables au mouvement des gilets jaunes apparu en 2018 pour protester contre la fiscalité et la cherté des carburants. Le SP95-E10, carburant le plus vendu dans l’Hexagone, se maintient au-dessus de son pic de 2022 depuis plus de dix jours, affichant des moyennes supérieures à 2,17 euros le litre sur la base d’un relevé effectué auprès de plus de 6 700 stations-service, tandis que le SP98 dépasse les 2,28 euros en moyenne dans plus de 6 800 stations.
Alors que la tendance observée depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 montrait une décrue globale des prix à la pompe, la guerre au Moyen-Orient entamée le 28 février a pour sa part ajouté 59 pence au coût moyen d’un litre de diesel — soit un peu moins de 40 % — et 41 pence au prix de l’essence, restreignant lourdement les approvisionnements internationaux en diesel. L’impact de ces tensions sur l’économie réelle pousse les entreprises de services et les prestataires de transport à naviguer au jour le jour, dans l’attente d’une stabilisation des marchés pétroliers mondiaux.
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