Des chercheurs menés par la Chine ont analysé des protéines anciennes issues de fossiles découverts dans le site archéologique de Xujiayao, dans la province de Hebei. Les résultats confirment l’appartenance de ces restes aux énigmatiques Dénisoviens, révélant des traits morphologiques et une morphologie crânienne singulière qui élargissent la zone géographique connue de cette population.
Des chercheurs ont extrait des protéines de deux os fossilisés découverts dans le site de Xujiayao. L’étude a été dirigée par Qiaomei Fu de l’Académie des sciences de Chine.
Le site se trouve dans le bassin de Nihewan dans le nord de la Chine.
L’analyse protéomique des fossiles de Xujiayao
L’identification des spécimens s’est appuyée sur l’analyse de protéines de collagène COL1A2, un composant fondamental des os.
Les humains modernes et les Néandertaliens possèdent l’acide aminé arginine à la position 996 de cette protéine. Tous les Dénisoviens examinés jusqu’à présent présentent de la lysine à cet endroit exact.
Selon Skai, les deux fossiles de Xujiayao portaient cette variante caractéristique des Dénisoviens.
L’équipe a identifié 57 peptides dans l’échantillon du crâne et 61 dans celui de la mâchoire inférieure qui correspondaient à la version protéique des Dénisoviens. Un seul peptide par échantillon présentait la variante avec de l’arginine. La comparaison génétique portant sur 2 074 positions d’acides aminés a permis de classer les deux échantillons dans le groupe des Dénisoviens, avec un soutien statistique supérieur à 99 %.
Une morphologie crânienne robuste et un volume cérébral important
L’examen des fossiles a permis de préciser les traits physiques de ces hominines. Les crânes de Xujiayao se distinguent par une forme basse et large ainsi que par des parois osseuses particulièrement épaisses, mesurant 7,7 et 12 millimètres à deux endroits différents. De plus, l’os temporal montre une courbure prononcée, un trait que l’on retrouve chez des formes humaines plus tardives.
La mâchoire inférieure présente une encoche rare au sein du genre Homo, située dans une zone triangulaire appelée « planum triangulaire ». Par ailleurs, le crâne connu sous le nom de Xujiayao 6 affichait une capacité endocrânienne estimée à environ 1 700 centimètres cubes. Cette valeur se situe dans la fourchette des humains modernes, qui varie de 1 090 à 1 880 centimètres cubes, surpassant nettement d’autres fossiles apparentés dont la capacité se situe entre 1 120 et 1 420 centimètres cubes.
Une extension géographique réévaluée en Asie
Ces observations suggèrent que d’autres fossiles d’Asie de l’Est pourraient appartenir à la lignée des Dénisoviens. Si cette hypothèse se confirme, la présence de cette population s’étendrait de la Sibérie jusqu’à Taïwan, couvrant une période allant d’environ 300 000 à 45 000 ans avant notre ère.
Le crâne de Harbin en Chine a aussi été identifié comme appartenant aux Dénisoviens. Ce fossile est également connu sous le nom d’Homme Dragon ou Homo longi.
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