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Déportations Mexique : Chiffres en baisse sous Trump, violence accrue

Le paradoxe de la migration : Plus de Mexicains expulsés sous Biden, mais moins de tentatives de passage

Mexico, 15 mars 2026 – Un paradoxe se dessine à la frontière américano-mexicaine. Alors que l’administration Trump a récemment relancé une opération d’expulsion massive, les chiffres révèlent une tendance surprenante : moins de Mexicains sont expulsés aujourd’hui qu’il y a quelques années. Une analyse approfondie menée par Quinto Elemento Lab, un organisme d’investigation mexicain indépendant, met en lumière une réalité complexe, où la diminution des tentatives de passage compense en partie l’intensification des efforts d’expulsion.

Selon les données du gouvernement mexicain, un peu plus de 144 000 Mexicains ont été expulsés des États-Unis par l’administration Trump depuis janvier 2025. Ce chiffre contraste fortement avec les près de 300 000 expulsions annuelles enregistrées sous l’administration Biden. Pourtant, l’augmentation des contrôles frontaliers initiée par Trump semble avoir eu un effet dissuasif, réduisant le nombre de migrants mexicains tentant de traverser la frontière.

"La politique d’expulsion de Trump ne semble pas aussi sévère en termes numériques que par le passé", explique Efraín Tzuc, analyste de données chez Quinto Elemento Lab. "Le nombre global est en baisse, en partie parce qu’il y a moins de migrants mexicains qui tentent d’entrer aux États-Unis depuis que la sécurité à la frontière a été renforcée."

Violence et pauvreté : les moteurs de l’exode

Au-delà des chiffres bruts, l’étude de Quinto Elemento Lab révèle un changement significatif dans les profils des migrants expulsés. Si traditionnellement, les migrants provenaient de régions du centre du Mexique à la recherche d’opportunités économiques, les données de 2025 montrent une augmentation significative des personnes originaires d’États ravagés par la violence des cartels.

Le Chiapas, État méridional frontalier du Guatemala, est désormais la principale source de migrants expulsés, avec 12 786 personnes. Un voyage de près de 2 000 miles sépare cette région de la frontière américano-californienne. La présence croissante du cartel de Jalisco Nouvelle Génération, impliqué dans le trafic de drogue et le trafic de migrants, a exacerbé la violence et l’insécurité dans la région, poussant les habitants à fuir.

"Il y a quelques décennies, un État du centre du Mexique aurait été la source principale des migrants", souligne l’analyse. "Mais les cartels ont mené des batailles sanglantes au Chiapas au cours de la dernière décennie, alors que les groupes criminels se disputaient le contrôle des routes de trafic de drogue et de migrants."

D’autres États, comme le Guanajuato (11 552) et le Guerrero (11 044), connaissent également une augmentation des expulsions, en raison de la violence et de la pauvreté. Au Guerrero, les cartels utilisent même des drones pour attaquer les communautés et les forcer à abandonner leurs terres.

Un phénomène plus large

La tendance observée au Mexique se reflète également dans les statistiques globales des expulsions aux États-Unis. Une analyse du New York Times révèle que l’administration Trump a expulsé environ 540 000 personnes en 2025, soit 50 000 de moins qu’en 2023 et 110 000 de moins qu’en 2024, la dernière année de l’administration Biden.

Cette situation complexe souligne la nécessité d’une approche globale de la migration, qui prenne en compte non seulement les contrôles frontaliers, mais aussi les causes profondes de l’exode, telles que la violence, la pauvreté et le manque d’opportunités économiques.

Cet article a été co-publié avec le Puente News Collaborative, un média à but non lucratif bilingue qui couvre les actualités du Mexique et de la frontière américano-mexicaine.

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