Pérou : L’ancien président Vizcarra saisit la CIDH pour contester son inéligibilité et dénonce une “crise démocratique”
Lima, Pérou – L’ancien président péruvien martín Vizcarra va demander une mesure conservatoire d’urgence auprès de la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) pour contester les trois disqualifications qui le frappent et qui pourraient l’empêcher de se présenter aux élections générales de 2026. L’annonce a été faite par son avocat, Guido Croxatto, vendredi dernier.
Croxatto a déclaré que la requête auprès de la CIDH vise à démontrer l’existence d’une “crise démocratique” au Pérou, soulignant les manifestations fréquentes dans le pays et remettant en question la légitimité et la proportionnalité des mesures de disqualification. Il a critiqué le Congrès péruvien, dont il estime que le taux d’approbation est extrêmement bas (3%).
L’avocat a fait un parallèle avec la situation vécue sous le régime de l’ancien président Alberto Fujimori, où le Pérou avait envisagé de se retirer du système interaméricain de protection des droits de l’homme. Il a souligné que la CIDH a déjà pris des mesures similaires dans le passé, et que ses résolutions sont contraignantes pour les États membres.
Selon Croxatto,la participation de Martín Vizcarra aux prochaines élections est essentielle pour la santé de la démocratie péruvienne.
Contexte :
Le Pérou est confronté à une instabilité politique persistante depuis la destitution de Pedro Castillo en décembre 2022. Les disqualifications successives de figures politiques, dont Martín Vizcarra, alimentent les tensions et soulèvent des questions sur le respect des droits politiques et le fonctionnement des institutions démocratiques.La CIDH joue un rôle crucial dans la surveillance du respect des droits de l’homme dans la région et peut intervenir pour protéger les droits fondamentaux des citoyens, y compris le droit de participer à la vie politique. Les mesures conservatoires de la CIDH, bien que non exécutoires en soi, exercent une pression significative sur les États pour qu’ils respectent leurs obligations en matière de droits de l’homme.
