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Deepfakes : Violence en ligne et impunité Deepfake : Abus, justice et protection Deepfakes : La face cachée de la violence numérique Abus deepfake : Un fléau pour les femmes Deepfakes : Urgence légale et soutien aux victimes

by Elodie Martin

Les deepfakes, une nouvelle forme de violence sexuelle en ligne dévastatrice pour les femmes

Par [Votre Nom], Rédacteur Adjoint

Les chuchotements la suivent désormais hors ligne. En ligne, l’abus a explosé, incontrôlable : commentaires, moqueries, partages, captures d’écran. Elle n’a jamais consenti à cela. Cela n’a pas arrêté quiconque. En quelques minutes, des milliers de personnes ont vu le contenu. En quelques heures, des millions. Le cauchemar ne faisait que commencer.

Ce scénario, malheureusement, est la réalité quotidienne de milliers de femmes et de jeunes filles à travers le monde. L’essor des deepfakes, ces images, audios ou vidéos manipulées par intelligence artificielle, représente une escalade alarmante de la violence numérique, et plus particulièrement, une nouvelle forme de violence sexuelle en ligne.

Les deepfakes ne sont pas une technologie nouvelle, mais leur utilisation malveillante à l’encontre des femmes est un phénomène récent qui s’accélère. Selon un rapport de 2023, 98 % des deepfakes en ligne sont pornographiques et 99 % d’entre elles mettent en scène des femmes. Leur prévalence a été multipliée par 550 entre 2019 et 2023. Et le plus inquiétant : les outils pour les créer sont largement disponibles, souvent gratuits, et ne nécessitent que très peu de compétences techniques.

Une fois diffusées, ces images peuvent être reproduites à l’infini, sauvegardées sur des appareils personnels et partagées sur différentes plateformes, rendant leur suppression quasi impossible.

Un silence assourdissant et un système défaillant

Le sous-signalement est l’un des principaux obstacles à la responsabilisation. Les survivantes qui osent se confier se heurtent souvent à un système judiciaire qui devient une source de traumatisme supplémentaire. Elles sont interrogées à maintes reprises sur le contenu abusif par la police, les avocats et les modérateurs de plateformes, tout en étant confrontées à des questions déstabilisantes comme : « Êtes-vous sûre que ce n’est pas réel ? » ou « Avez-vous partagé des images intimes auparavant ? ».

En cas de procès, ce n’est pas le comportement du harceleur qui est examiné, mais plutôt les vêtements, les relations et le passé de la victime. De plus, la violence ne reste pas confinée au monde virtuel. Une enquête de l’ONU a révélé que 41 % des femmes exerçant des fonctions publiques qui ont subi des violences numériques ont également été victimes d’agressions ou de harcèlement hors ligne liées à ces abus.

La justice peine à suivre. Moins de la moitié des pays disposent de lois qui traitent des abus en ligne, et encore moins d’une législation spécifique aux deepfakes. Dans de nombreux cas, la pornographie deepfake ou les images nues générées par l’IA se situent dans des zones grises juridiques. Les victimes ignorent souvent si l’abus est même illégal et si les auteurs peuvent être poursuivis.

Même lorsque des lois existent, les enquêtes sont entravées par le manque d’expertise en criminalistique numérique, la nécessité d’une coordination transfrontalière et la coopération des plateformes. Les preuves disparaissent rapidement, les auteurs se cachent derrière l’anonymat ou opèrent depuis différents pays, et les plateformes sont lentes ou réticentes à partager des données avec les forces de l’ordre.

Des plateformes qui se défaussent de leurs responsabilités

Les plateformes technologiques se cachent souvent derrière leur statut d’intermédiaires pour éviter toute responsabilité quant au contenu généré par les utilisateurs. Elles tardent à agir et laissent les abus se propager.

Que faut-il faire ?

Face à cette crise mondiale, des actions urgentes et coordonnées sont nécessaires de la part des gouvernements, des institutions et des plateformes technologiques.

Cinq mesures clés doivent être mises en œuvre :

  1. Adopter des lois qui couvrent réellement les abus liés aux deepfakes, en mettant l’accent sur le consentement, la responsabilité stricte des auteurs, l’obligation de suppression rapide pour les plateformes et les protocoles d’application transfrontalière.
  2. Renforcer les systèmes judiciaires en formant les forces de l’ordre, en leur fournissant des ressources et des capacités dédiées à la collecte et à la préservation des preuves numériques, et en mettant en place des cadres de coopération internationale efficaces.
  3. Tenir les plateformes responsables en les obligeant légalement à surveiller proactivement et à supprimer les contenus abusifs dans des délais stricts, à coopérer avec les forces de l’ordre et à subir de véritables conséquences financières en cas de manquement.
  4. Offrir un soutien réel aux survivantes, en leur fournissant un accès à des professionnels du droit et des forces de l’ordre formés et sensibilisés aux traumatismes, ainsi qu’une aide juridique gratuite.
  5. Mettre en place une éducation qui prévient les abus, en sensibilisant à la littératie numérique, au consentement, à la sécurité en ligne et aux mesures à prendre en cas de violence, dès le plus jeune âge.

L’ONU alerte : il ne s’agit pas d’un problème marginal sur Internet, mais d’une crise mondiale. Un cas récent, impliquant la journaliste britannique Daisy Dixon, a mis en lumière les failles des plateformes. En décembre 2025, elle a découvert des images sexualisées d’elle, générées par l’IA de la plateforme X (anciennement Twitter). Il a fallu plusieurs jours à la plateforme pour bloquer la fonction, pendant que les abus continuaient de se propager.

Les deepfakes peuvent également servir de catalyseur en ligne pour des crimes dits d’honneur dans certains contextes culturels, où une violation perçue des normes d’honneur sur les plateformes numériques peut entraîner des violences physiques extrêmes, voire la mort, contre les femmes. Des recherches aux États-Unis révèlent que plus de la moitié des victimes de deepfakes ont envisagé le suicide.

Certains pays commencent à agir. Le Brésil a modifié son code pénal en 2025 pour augmenter les sanctions en cas de violence psychologique contre les femmes utilisant l’IA ou d’autres technologies pour altérer leur image ou leur voix. L’Union européenne impose des obligations de transparence concernant les deepfakes dans son acte sur l’intelligence artificielle. Le Royaume-Uni a interdit le partage d’images explicites manipulées numériquement, mais ne s’attaque pas à la création de deepfakes et pourrait ne pas s’appliquer si l’intention de causer de la détresse ne peut être prouvée. Aux États-Unis, le Take It Down Act couvre explicitement les images intimes générées par l’IA et exige leur suppression par les plateformes dans un délai de 48 heures.

Il est temps d’agir. L’histoire de cette femme pourrait être la vôtre.

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