Cuba : Blackout, Blocus américain et Crise Humanitaire

Cuba plongée dans l’obscurité : le blocus américain dénoncé comme une « guerre économique »

La Havane, Cuba – Alors que Cuba est confrontée à sa troisième panne d’électricité nationale en mars, des voix s’élèvent pour dénoncer le blocus américain, qualifié de « guerre économique » visant à « étouffer » l’île. La situation humanitaire se détériore, avec des conséquences graves sur l’accès à la nourriture, à l’eau potable et aux soins de santé.

La représentante américaine Ilhan Omar a exprimé sa solidarité avec le peuple cubain et a fermement condamné le blocus pétrolier imposé par les États-Unis. « Nous devons lever le blocus américain sur Cuba. Il s’agit d’une guerre économique conçue pour étouffer une île », a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux. « Les aliments pourrissent. L’approvisionnement en eau est compromis. Les services de santé sont perturbés. Mettez fin au blocus maintenant. »

Parallèlement à la crise énergétique, un convoi humanitaire international, « Nuestra América », est arrivé sur l’île ce week-end, apportant des tonnes d’aide, notamment des panneaux solaires, de la nourriture et des médicaments. Le convoi, composé d’environ 650 militants venus de dizaines de pays, inclut des personnalités comme le streamer en ligne Hasan Piker et Isra Hirsi, la fille d’Ilhan Omar.

Le blocus américain, en place depuis les années 1960, a été renforcé en janvier suite à la suspension des exportations de pétrole vénézuélien vers Cuba, après ce que les États-Unis ont qualifié d’« enlèvement illégal » du président vénézuélien. Cuba ne produit que 40 % du pétrole et du gaz dont elle a besoin, et l’absence de livraisons extérieures a plongé le pays dans une crise énergétique sans précédent.

Les conséquences sont dramatiques. Les hôpitaux, contraints de fonctionner sur des générateurs, sont confrontés à des pénuries de carburant. L’accès aux soins médicaux est rendu difficile pour les populations, qui doivent se déplacer à pied, à vélo ou par d’autres moyens en raison du coût prohibitif des transports motorisés.

David Adler, coordinateur de Progressive International, l’un des groupes organisateurs du convoi « Nuestra América », a déclaré : « Nous ne pouvons pas permettre cette punition collective. Nous ne pouvons pas la normaliser. »

Les critiques soulignent que les sanctions économiques, comme celles imposées à Cuba, constituent une forme de guerre en soi. Une étude récente a estimé que les sanctions américaines et européennes ont causé la mort de 38 millions de personnes depuis 1970.

Des documents déclassifiés du Département d’État américain révèlent que, dès 1960, l’objectif des sanctions contre Cuba était de « diminuer les salaires monétaires et réels, de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement ».

L’ancien président Donald Trump a même déclaré publiquement qu’il souhaitait « avoir l’honneur de prendre Cuba », affirmant qu’il pouvait « faire tout ce qu’il veut » avec le pays et sa population de 10 millions d’habitants.

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