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Crise Iran-Israël : Réaction et position de l’Italie

Crosetto critique l’action américano-israélienne en Iran, l’Italie craint une escalade

Rome – Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a qualifié l’opération menée par les États-Unis et Israël en Iran de « hors des règles du droit international », marquant la première prise de position explicite du gouvernement italien sur le sujet. La déclaration intervient dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient et d’inquiétudes quant à une possible escalade du conflit.

La Première ministre Giorgia Meloni a souligné que l’Italie « n’est pas en guerre et ne souhaite pas entrer en guerre », tout en annonçant qu’elle s’adressera au Parlement mercredi prochain pour discuter de la crise en Iran, initialement prévue une semaine plus tard. Cette anticipation, selon certains observateurs, pourrait être une stratégie pour éviter des débats pendant la semaine du référendum.

L’opposition italienne a vivement réagi, accusant Meloni de vouloir instrumentaliser la situation. Des pancartes « Fratelli di Trump » et « L’Italie ne s’utilise pas » ont été brandies lors des débats parlementaires, témoignant de la polarisation du débat.

Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a défendu la position du gouvernement, affirmant qu’il n’a « rien à se reprocher » et rappelant des actions passées, comme les bombardements en Bosnie sous le gouvernement D’Alema. Ces déclarations ont suscité des réactions mitigées au sein de la majorité gouvernementale.

L’Italie, tout en exprimant sa préoccupation face au risque d’escalade, maintient une position prudente concernant l’utilisation de ses bases militaires par les États-Unis. Rome affirme que ses bases sont trop éloignées du théâtre des opérations et que seules des autorisations techniques pour des opérations logistiques seraient envisagées, excluant tout soutien à des actions de bombardement.

Le gouvernement italien a toutefois garanti son soutien aux États membres de l’Union européenne en cas d’attaques iraniennes et a autorisé le déploiement de systèmes antimissiles pour protéger les pays du Golfe.

Meloni a également eu un entretien téléphonique avec le président français Emmanuel Macron pour coordonner les efforts visant à assurer la sécurité de Chypre. Elle a souligné que l’origine du chaos actuel réside dans l’agression russe contre l’Ukraine.

Le ministre Crosetto s’est dit « sur le bord de l’abîme », craignant que la situation ne pousse Vladimir Poutine à prendre des décisions imprudentes, y compris l’utilisation d’armes nucléaires tactiques contre Kiev.

Rome s’efforce de maintenir un canal diplomatique ouvert avec Téhéran, espérant jouer un rôle de médiateur grâce aux relations traditionnellement bonnes entre les services de renseignement italiens et iraniens. Cependant, Meloni a insisté sur le fait que l’Iran doit cesser d’attaquer ses pays voisins.

Sur le plan intérieur, le gouvernement italien a renforcé la vigilance face aux risques terroristes et aux spéculations sur les prix de l’énergie, activant une cellule de crise pour surveiller la situation et menacer d’augmenter les taxes pour les entreprises qui tenteraient de profiter de la situation.

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