Covid-19. Les restaurateurs accablés par le couvre-feu

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Le deux fois répétitif a du mal à passer. À peine remis du confinement, tous les bars situés en zone d’alerte maximale (cinquante-quatre départements) ont à nouveau dû rempiler les tables, vendredi soir, pour une durée de six semaines. Rassemblés, vendredi, devant les fenêtres de la préfecture de Rennes (Ille-et-Vilaine), quelques patrons d’établissements se tapaient dans le dos en se disant « à l’année prochaine », insinuant avec sarcasme que le couvre-feu sera prolongé.

Les annonces du Premier ministre leur laissent un goût amer. « J’ai comme l’impression qu’on nous prend pour des c… », lâche l’un d’eux, arguant que la profession a « joué la police tout l’été pour faire respecter les mesures sanitaires ». Sans que des fermetures administratives n’aient puni les mauvais élèves, ce qui aurait (peut-être) limité l’aggravation de l’épidémie.

Ouvrir ou ne pas ouvrir

Les restaurateurs, eux, sortent les calculatrices. Sachant que les clients doivent être rentrés à la maison à 21 h, est-ce bien rentable de maintenir le service du soir ? « Globalement, non, assène Hubert Jan, président de la branche restauration de l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie). On ne peut pas forcer les gens à venir dîner à 18 h. » Certains tenteront quand même le coup, à l’image du Nabuchodonosor, dans le centre de Rennes. « On préviendra les clients sur les réseaux sociaux et quand ils appelleront pour réserver. On leur demandera de venir encore plus tôt », rapporte, sans grande conviction, une employée des lieux.

D’autres estiment que le jeu n’en vaut pas la chandelle et se contenteront d’un service du midi. C’est l’option retenue par Julien Lemarié, chef étoilé à l’IMA. Pour préserver un minimum de rentabilité, il a décidé de retirer temporairement les formules à 30 € de la carte, au profit des menus plus onéreux. L’IMA ouvrira aussi un jour de plus, le dimanche midi. Mais, pour Julien Lemarié, il n’était pas question de se résoudre à une fermeture totale, ne serait-ce que par « solidarité avec ses fournisseurs ».

Double peine

D’autres envisagent bel et bien cette option, à contrecœur. « Le midi, on paie les charges et le soir on gagne notre vie », lâche Eric Billon, patron de plusieurs bars, à l’origine du collectif On va tous trinquer, à Rennes.

Constat partagé par Hubert Jan, qui affirme que le déjeuner ne représente qu’un petit tiers, voire un quart du chiffre d’affaires des restaurateurs. En tant que représentant national de la profession au sein de l’Umih, il regrette que les nouvelles restrictions laissent les restaurants « à moitié ouverts, c’est-à-dire à la fois sans recettes et sans aides du gouvernement ». Et ajoute que le système D, livraison à domicile, plats à emporter et autres diners-apéritifs, n’est qu’un cautère sur une jambe de bois.

Dans les rues de la capitale bretonne, vendredi soir, la perspective d’une dernière soirée avant couvre-feu échauffait les esprits. Au bar du Champ Jacquet, on a fait appel à une personne supplémentaire pour tenter de faire respecter les mesures sanitaires.

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