Cortisol capillaire et structure cardiaque : que dit la science

Une étude observationnelle publiée le 7 octobre dans la revue Heart révèle que la concentration de cortisol dans les cheveux ne montre pratiquement aucun lien avec la structure ou la fonction cardiaque chez les adultes d’âge moyen, à l’exception d’une légère augmentation du volume de l’oreillette gauche.

La recherche, menée par des équipes universitaires en Suède, s’est penchée sur la question de savoir si l’exposition prolongée au stress se traduit directement par des modifications de la morphologie du cœur. Pour ce faire, les chercheurs ont examiné les données de 3 005 participants âgés de 50 à 64 ans, issus d’une cohorte suédoise axée sur l’imagerie médicale. L’âge moyen des sujets s’établit à 56,9 ans, et la cohorte est composée de 64 % de femmes, selon les détails publiés par l’étude menée à l’Université de Linköping.

Mesure des concentrations de cortisol et des phénotypes cardiaques

L’évaluation repose sur la mesure des concentrations de cortisol dans les portions proximales des cheveux du cuir chevelu. Cette approche permet aux cliniciens et aux chercheurs d’estimer l’exposition systémique de l’organisme sur une période de plusieurs mois, évitant ainsi les pics de stress instantanés qui faussent souvent les dosages sanguins ou salivaires. Ces relevés ont ensuite été comparés à 19 mesures échocardiographiques détaillées, regroupées par la suite en grands phénotypes cardiaques.

Les 19 mesures ont été ventilées statistiquement en trois catégories principales : le remodelage structurel et volumétrique, le débit et le flux cardiaques, ainsi que la fonction diastolique et la mécanique myocardique. L’ensemble de ces composantes englobe 45,5 % de la variance totale observée. Après avoir ajusté les modèles statistiques pour neutraliser l’influence potentielle de l’âge, du sexe, de l’indice de masse corporelle (IMC), du tabagisme, de la consommation d’alcool et de l’activité physique, les auteurs de l’étude parue dans Heart n’ont observé aucune association significative entre les niveaux de cortisol capillaire et ces grands phénotypes cardiaques.

Les données démographiques de la population analysée indiquent que les chercheurs ont initialement retenu 3 447 participants après l’appariement des identifiants entre les dossiers de cortisol et ceux d’imagerie. Sur cet effectif initial, 33 % présentaient des valeurs manquantes au sein des registres échocardiographiques.

Variation de l’oreillette gauche dans l’analyse multivariée

Bien que la quasi-totalité des paramètres échocardiographiques individuels n’ait présenté qu’un effet négligeable, un seul indicateur s’est distingué lors de l’analyse multivariée. Il s’agit de l’indice de volume télé-systolique de l’oreillette gauche.

Convertie à l’échelle de l’intervalle interquartile des concentrations de cortisol capillaire, cette variation prédite représente une différence modeste de 0,734 mL/m². Les analyses de sensibilité menées par l’équipe de recherche ont confirmé la robustesse de ces observations, sans qu’aucune interaction liée au sexe n’apparaisse de manière constante.

Évaluation des limites méthodologiques et des voies physiologiques

Les scientifiques suggèrent que si l’exposition prolongée au stress élève effectivement le risque cardiovasculaire, son action passe probablement par d’autres mécanismes physiologiques.

« Bien que le cortisol capillaire élevé ait été associé à un risque accru de maladie cardiovasculaire, les présents résultats ne soutiennent pas une relation avec les mesures échocardiographiques de la structure ou de la fonction cardiaque dans la population étudiée, ce qui suggère que de tels effets pourraient être médiés par des voies physiologiques alternatives »

Les chercheurs, via la revue Heart

Les instigateurs du projet rappellent toutefois plusieurs limites à leur travail. Le design observationnel et transversal de l’enquête ne permet pas d’établir un lien de cause à effet formel. Enfin, certaines données manquantes ont nécessité des vérifications par imputation pour valider la robustesse des modèles statistiques.

Les données de la cohorte initiale s’appuient sur 3 005 participants dont l’âge moyen est de 56,9 ans.

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