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City de Londres : nouvel âge d’or en vue ?

Londres retrouve-t-elle son lustre financier ? Rachel Reeves vante une “nouvelle ère d’or” pour la City

Londres, Royaume-Uni – La City de Londres pourrait bien entrer dans une période de renouveau, selon la chancelière Rachel Reeves, qui présentera lundi un discours optimiste sur l’avenir des marchés financiers britanniques. Après des années de déclin, marquées par un exode de cotations et une perte d’attractivité, des signes encourageants émergent, alimentant l’espoir d’une “nouvelle ère d’or” pour le secteur.

L’annonce intervient après une fin d’année 2023 marquée par un regain d’intérêt pour les introductions en bourse (IPO) à Londres. Le FTSE 100 a franchi pour la première fois la barre des 10 000 points ce mois-ci, un symbole fort de la confiance retrouvée des investisseurs. En 2023, 22 nouvelles entreprises ont été cotées à Londres, levant 2,1 milliards de livres sterling, contre 16 levées de fonds à hauteur de 766 millions de livres sterling en 2022.

Ce revirement est en partie attribuable à une série de réformes mises en place par la Financial Conduct Authority (FCA). Ces changements visent à simplifier les procédures de cotation, notamment en réduisant les délais et en allégeant les exigences administratives pour les émissions d’obligations et d’actions. Désormais, les entreprises peuvent émettre des obligations de plus petite taille plus facilement, ouvrant ainsi l’accès aux investisseurs particuliers. Le délai entre la publication d’un prospectus et la cotation a également été réduit de six à trois jours ouvrables.

“Il y a deux ans, certains affirmaient que les meilleurs jours de la City étaient derrière elle. Ils avaient tort”, déclarera Reeves lors de son discours à la Bourse de Londres. “Alors que le FTSE 100 atteint des sommets historiques et que des entreprises internationales choisissent à nouveau Londres, nous assistons aux premiers signes d’une nouvelle ère d’or pour la City.”

Cependant, l’optimisme de la chancelière n’est pas partagé par tous. Certains analystes financiers restent sceptiques quant à la capacité de ces réformes à restaurer pleinement la position dominante de Londres sur la scène financière mondiale. Neil Shah, stratège de marché chez Edison Research, souligne que “les changements proposés aux règles des prospectus sont les bienvenus et réduisent les frictions pour les entreprises cherchant à lever des capitaux”, mais que “de nombreux autres défis restent à surmonter avant de pouvoir parler d’une ère d’or pour la City de Londres”.

Parmi ces défis figurent la concurrence accrue des autres places financières européennes, notamment Paris et Amsterdam, ainsi que les incertitudes liées au Brexit. De plus, des entreprises importantes ont choisi de délocaliser leurs cotations ou de passer en privé ces dernières années, ce qui a pesé sur l’attractivité de Londres.

Malgré ces obstacles, un nombre croissant d’entreprises envisagent désormais une introduction en bourse à Londres en 2026. Parmi elles figurent le groupe de logiciels norvégien Visma, l’opérateur de téléphonie mobile Three (Hutchison) et la chaîne de librairies Waterstones.

La chancelière Reeves entend également promouvoir ce message d’optimisme lors du Forum économique mondial de Davos cette semaine, où elle rencontrera des dirigeants politiques et économiques du monde entier.

Par ailleurs, des pressions s’exercent sur le gouvernement pour qu’il aille plus loin dans ses réformes. Les dirigeants d’AJ Bell, Hargreaves Lansdown, RetailBook et Interactive Investor ont récemment écrit à Reeves et à la Bourse de Londres pour leur demander d’exiger que chaque IPO, chaque augmentation de capital et chaque émission d’obligations “simples” incluent une allocation pour les investisseurs particuliers. Cette mesure, selon eux, renforcerait l’inclusion financière et encouragerait une participation plus large aux marchés.

L’avenir de la City de Londres reste incertain, mais les signes récents suggèrent un regain d’élan. La question est de savoir si les réformes actuelles seront suffisantes pour transformer ce regain d’espoir en une véritable et durable “ère d’or”.

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