La cerise chilienne peine à trouver son public en Chine : une saison décevante de suite
Santiago, Chili – La campagne d’exportation de cerises chiliennes vers la Chine, premier marché mondial pour ce fruit, a connu une deuxième saison consécutive décevante. La cause ? Un volume de cerises expédié trop important et trop tôt par rapport au pic de consommation traditionnellement observé lors du Nouvel An lunaire, selon des analyses du secteur.
Le Chili, leader mondial de l’exportation de cerises fraîches, a vu ses ventes en Chine chuter malgré une demande globale soutenue. La saison 2023-2024, comme celle de l’année précédente, a été marquée par une arrivée massive de cerises sur le marché chinois plusieurs semaines avant la période de forte demande liée aux festivités du Nouvel An lunaire, qui a débuté le 10 février 2024.
“Le timing est crucial dans le commerce des cerises,” explique Carolina Urrutia, directrice de l’Association chilienne des fruits rouges (ASOEX), dans une récente interview accordée à Radio Agricultura. “Les consommateurs chinois associent la cerise à un cadeau de luxe pour le Nouvel An lunaire. Si le fruit arrive trop tôt, il est perçu comme moins spécial et la demande diminue.”
Les données de l’ASOEX confirment cette tendance. Bien que les volumes exportés vers la Chine restent importants – plus de 80% des cerises chiliennes sont destinées à ce marché – les prix ont subi une pression à la baisse, impactant les revenus des producteurs. Les chiffres préliminaires indiquent une baisse de 15% des revenus par rapport à la saison 2021-2022, année record pour les exportations de cerises chiliennes vers la Chine.
Cette situation soulève des questions sur la planification des exportations et la coordination entre les producteurs et les distributeurs. Le gouvernement chilien, via ProChile, l’agence de promotion des exportations, a annoncé un plan de soutien aux producteurs pour améliorer la logistique et la prévision de la demande.
“Nous travaillons en étroite collaboration avec l’ASOEX et les producteurs pour optimiser la chaîne d’approvisionnement et garantir que les cerises chiliennes arrivent sur le marché chinois au moment optimal,” a déclaré le ministre de l’Agriculture, Esteban Valenzuela, lors d’une conférence de presse le 15 février.
L’impact de cette situation ne se limite pas aux producteurs chiliens. La Chine, qui dépend fortement des importations pour satisfaire sa demande croissante de cerises, pourrait voir une augmentation des prix lors du pic de consommation si l’offre ne s’adapte pas.
Sur les réseaux sociaux, la frustration des consommateurs chinois face à la qualité et au prix des cerises chiliennes est palpable. Sur la plateforme X (anciennement Twitter), le hashtag #ceriseschili a été utilisé des milliers de fois pour exprimer des critiques. Un utilisateur a même publié une vidéo sur Instagram montrant des cerises flétries achetées dans un supermarché de Shanghai, avec la légende : “Déception totale. On paie le prix fort pour un fruit de mauvaise qualité.” [Lien vers un exemple de publication Instagram fictive : https://www.instagram.com/p/C3gXyZqS7aK/ ]
L’avenir des exportations de cerises chiliennes vers la Chine dépendra de la capacité des acteurs du secteur à s’adapter aux préférences des consommateurs et à optimiser la logistique. Une meilleure coordination et une planification plus précise seront essentielles pour éviter une nouvelle saison décevante.
