Centerview Partners règle un litige avec une analyste pour ses besoins de sommeil
NEW YORK (AP) – La banque d’investissement Centerview Partners a conclu un accord à l’amiable avec une ancienne analyste qui l’avait poursuivie en justice après avoir été licenciée pour avoir exprimé son besoin de huit à neuf heures de sommeil par nuit. L’accord intervient à la veille du procès, qui aurait pu forcer la banque à convaincre un jury new-yorkais que la disponibilité pour travailler tôt le matin était essentielle au poste.
L’affaire a rapidement pris une dimension symbolique, ravivant le débat sur les conditions de travail des jeunes employés à Wall Street, où les longues heures et les nuits tardives sont monnaie courante. Les termes du règlement n’ont pas été divulgués.
Kathryn Shiber avait intenté une action en justice contre Centerview pour discrimination fondée sur un handicap, en vertu des lois de l’État et fédérales, et réclamait des millions de dollars. La banque a déclaré dans un communiqué que les allégations de Shiber « n’avaient aucun fondement », mais qu’elle était heureuse de tourner la page et de se concentrer sur ses clients.
Le procès, initialement prévu lundi, aurait impliqué des témoignages de Shiber et de hauts dirigeants de Centerview, dont le co-président Tony Kim. Un juge avait également autorisé la divulgation des revenus, des bénéfices et des performances financières de la banque, une décision que les avocats de Centerview craignaient de créer un récit de « David contre Goliath ».
Fondée en 2006 par Blair Effron et Robert Pruzan, Centerview Partners est une boutique d’investissement de premier plan qui rivalise avec les grandes banques d’investissement comme Goldman Sachs.
Shiber avait rejoint Centerview en 2020 et avait été affectée à un dossier sensible, « Projet Dragon », visant à défendre le géant énergétique Duke Energy contre une éventuelle contestation de procuration menée par le fonds spéculatif Elliott Management. Après avoir été affectée à ce projet à enjeux élevés, la jeune femme de 21 ans avait révélé un problème de santé nécessitant huit à neuf heures de sommeil par nuit, idéalement selon un horaire régulier.
La banque lui avait initialement accordé une période garantie de 9 heures du soir à 9 heures du matin où elle ne serait pas sollicitée pour travailler. Cependant, quelques semaines plus tard, Centerview l’a licenciée, arguant qu’elle ne pouvait pas exercer les fonctions essentielles du poste si elle n’était pas disponible pendant ces heures. La banque avait précisé dans ses documents judiciaires que cette période n’était qu’une mesure temporaire.
Le juge fédéral Edgardo Ramos avait estimé en octobre qu’il existait un « véritable litige » quant à savoir si cette disponibilité était réellement essentielle. L’affaire soulève des questions plus larges sur l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, et sur la nécessité d’accommoder les besoins de santé des employés, même dans des environnements de travail exigeants.
Ce litige intervient dans un contexte de prise de conscience croissante des problèmes de santé mentale et de bien-être sur le lieu de travail, notamment chez les jeunes professionnels. Selon une étude récente de Deloitte, 77% des employés ont connu un burnout au cours de leur carrière, et ce chiffre est plus élevé chez les jeunes générations. https://www2.deloitte.com/us/en/pages/about-deloitte/articles/burnout-crisis.html
L’affaire Shiber pourrait encourager d’autres employés à faire valoir leurs droits et à remettre en question les normes de travail traditionnelles. Elle met également en lumière la responsabilité des employeurs de créer un environnement de travail sain et inclusif, qui tienne compte des besoins individuels de leurs employés.
[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube sur le sujet du burnout et de la santé mentale au travail]
[Intégration potentielle d’un post Instagram d’un influenceur sur l’équilibre vie pro/vie perso]
