Kenya : Réponse policière meurtrière à des manifestations fiscales fait des dizaines de victimes
Nairobi, Kenya – Des affrontements violents entre les forces de l’ordre et des manifestants opposés à une nouvelle loi fiscale au Kenya ont fait au moins 22 morts et plus de 300 blessés, selon la Commission nationale des droits de l’homme (Komnas Ham) du Kenya. Les événements,survenus ces derniers jours,ont suscité une condamnation internationale croissante.Les protestations ont éclaté en réponse à l’adoption par le gouvernement d’une loi controversée visant à augmenter les impôts, une mesure présentée comme nécessaire pour réduire la dette publique du pays. Cependant, les manifestants estiment que ces augmentations aggraveront la crise du coût de la vie déjà sévère.
Des témoignages et des rapports d’organisations de défense des droits de l’homme accusent les forces de sécurité kenyanes d’avoir utilisé une force excessive contre les manifestants, y compris en tirant directement sur la foule sans justification apparente, même sur des personnes tentant de fuir.
“Tirer directement sur la foule sans raison apparente, y compris lorsque les manifestants tentent de s’échapper, est inacceptable au regard du droit kenyan et du droit international”, a déclaré un porte-parole de l’organisation de défense des droits de l’homme.
Komnas Ham a annoncé l’ouverture d’une enquête sur des violations présumées des droits de l’homme commises lors de ces incidents. L’organisation exhorte le gouvernement kenyan à garantir la protection des manifestants pacifiques et à mettre fin à l’impunité dont jouissent les forces de l’ordre en cas de violence.
Contexte : La fiscalité et les tensions sociales au kenya
Le Kenya, comme de nombreux pays africains, est confronté à des défis économiques importants, notamment un endettement élevé et une inflation persistante. Les politiques fiscales mises en œuvre par le gouvernement, souvent dictées par les exigences des institutions financières internationales, sont régulièrement critiquées pour leur impact disproportionné sur les populations les plus vulnérables.
Les manifestations actuelles s’inscrivent dans un contexte plus large de mécontentement social face à la hausse du coût de la vie, au chômage et à la corruption. La réponse brutale des forces de l’ordre risque d’exacerber ces tensions et de déstabiliser davantage le pays.
L’incident soulève des questions cruciales sur le respect des droits de l’homme et la responsabilité des forces de sécurité au Kenya, ainsi que sur la nécessité d’une approche plus inclusive et équitable en matière de politique fiscale.
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