Les autorités sanitaires fédérales américaines ont retiré des bilans nationaux deux décès liés à la rougeole en Pennsylvanie, sur décision de la directrice des CDC, Erica Schwartz. Cette décision survient alors que les États-Unis enregistrent leur plus importante vague de rougeole en 35 ans.
La décision des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) de retrancher ces deux cas de la comptabilité hebdomadaire nationale met en lumière des tensions croissantes au sujet de la gestion de l’épidémie.
Controverse autour des décès de Lancaster County et des critères fédéraux
Le département de la Santé de l’État de Pennsylvanie avait annoncé le 25 août le décès de deux résidents du comté de Lancaster non vaccinés, qualifiant ces cas de décès associés à la rougeole.
Kennedy Jr., a publiquement mis en doute la validité de ces signalements sur les réseaux sociaux. Sur le site officiel des CDC, un avis a été publié pour justifier le retrait temporaire de ces données :
Les CDC ont indiqué dans un communiqué officiel qu’à ce moment-là, les informations disponibles n’établissaient pas si la rougeole avait causé ou contribué aux décès, ou si les individus étaient décédés d’autres causes tout en étant infectés par la rougeole.
L’État de Pennsylvanie a vivement contesté la version fédérale concernant les informations transmises aux CDC. Les épidémiologistes locaux affirment que les dossiers ont été rigoureusement instruits et que le dossier a été partagé avec l’équipe de réponse rapide de l’agence fédérale.
Le débat scientifique et l’examen des cas particuliers
La question de la classification exacte de ces décès illustre la complexité technique à laquelle font face les coroners lorsque la rougeole frappe une population largement non vaccinée. En Pennsylvanie, des détails précis ont émergé concernant l’un des défunts.

Le coroner a attribué la cause directe du décès à une déchirure de la rate, estimant que la présence du virus n’avait pas joué de rôle prépondérant dans l’issue fatale du nourrisson, qui était trop jeune pour recevoir le vaccin ROR (mesles, mumps, and rubella). Cette incertitude médicale se heurte aux critères habituels de l’Organisation mondiale de la santé, qui comptabilise un décès par rougeole lorsqu’un sujet testé positif décède dans le mois suivant l’apparition de l’éruption cutanée en l’absence d’autre cause évidente.
Impact politique et inquiétudes de la communauté médicale
Cette contradiction entre Washington et Harrisburg intervient dans un climat politique particulièrement tendu autour de la politique vaccinale. Le gouverneur de Pennsylvanie, Josh Shapiro, avait souligné que ces décès auraient pu être évités grâce à la vaccination, s’attirant les foudres de l’administration fédérale. Robert F. Kennedy Jr., connu pour ses positions critiques de longue date à l’égard des vaccins, a cherché à recentrer les priorités de son département sur les maladies chroniques plutôt que sur les infections.

Les professionnels de la santé avertissent que cette politisation nuit gravement à la gestion sanitaire d’une épidémie d’envergure nationale. Le Dr Paul Offit, directeur du Vaccine Education Center à l’Hôpital pédiatrique de Philadelphie, a déclaré :
Le Dr Paul Offit, directeur du Vaccine Education Center à l’Hôpital pédiatrique de Philadelphie, a confié que cette situation lui brisait réellement le cœur et qu’il n’arrivait pas à croire qu’il y ait eu deux décès dans cet État fédéré en raison d’une maladie totalement évitable.
De son côté, le président de l’American Academy of Pediatrics, le Dr Andrew Racine, a rappelé que deux doses du vaccin ROR assurent une protection efficace contre l’infection. Alors que la Pennsylvanie enregistre 393 cas pour cette année, soit le troisième total le plus élevé du pays, la communauté médicale redoute une baisse durable de la couverture vaccinale susceptible de compromettre le statut d’élimination de la maladie acquis par les États-Unis en l’an 2000.
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