Huit personnes ont perdu la vie et dix-huit autres sont portées disparues après le naufrage du catamaran Filo Jet, survenu au large de Kyrenia. Le navire, qui transportait 267 personnes, a chaviré alors qu’il tentait de regagner le port après avoir commencé à prendre l’eau, déclenchant d’importantes recherches maritimes et aériennes.
Le drame au large de Kyrenia et le bilan des victimes
Le navire transportait exactement 259 passagers et huit membres d’équipage, soit un total de 267 personnes à bord, selon les détails communiqués sur l’opération et le déroulement du trajet. Face à une voie d’eau critique à l’avant, l’équipage a tenté de faire demi-tour pour regagner la terre ferme.
La manouvre de retour a tourné à la catastrophe lorsque l’embarcation a basculé et s’est alaborée à environ sept kilomètres au large de la côte. Le bilan provisoire fait état de huit décès confirmés et de 241 personnes secourues, tandis que les recherches se poursuivent activement pour retrouver 18 passagers portés disparus.
Une vaste mobilisation des secours en mer
Les opérations de sauvetage ont immédiatement mobilisé d’importants moyens nautiques et aériens de part et d’autre. Le ministère de l’Intérieur turc a dépêché cinq navires et deux hélicoptères de ses garde-côtes, en plus de six bâtiments de la marine pour quadriller la zone. Du côté des autorités locales, quatre unités flottantes ont participé aux recherches aux côtés du ferry Akgünler 3.

Les passagers secourus ont été acheminés vers le port de Kyrenia avant d’être transférés vers les structures hospitalières de la région. Selon les informations communiquées aux responsables locaux, la majorité des survivants pris en charge ne présentent pas d’état de santé critique, bien que le choc psychologique et l’angoisse pour les proches demeurent immenses.
L’épave du catamaran a coulé par des fonds importants, pour se reposer à une profondeur estimée à environ 514 mètres.
Les antécédents techniques et les critiques sur l’état du navire
Alors que l’enquête judiciaire suit son cours, de lourdes zones d’ombre planent sur l’état structurel du catamaran. La justice a ordonné le placement en détention provisoire de neuf personnes, dont le capitaine du navire, sur un total de quatorze suspects interpellés dans le cadre de l’investigation. La presse turque a révélé que le navire avait subi le contrecoup d’une tempête antérieure, affrontant des creux de quatre à quatre mètres et demi avec des vents soufflant à 30 nœuds, ce qui avait endommagé la coque.


Des informations concordantes font état d’une réparation de fortune réalisée sur la coque après un échouage passé, constituant un point de faiblesse majeur. Une brèche de près de deux mètres se serait ouverte sous la pression des vagues à l’emplacement exact de cette ancienne intervention, provoquant une inondation rapide des cales. Des enregistrements vidéo tournés par des usagers quelques mois auparavant montrent déjà des infiltrations d’eau à bord, témoignant d’une vulnérabilité persistante que documentent désormais les différentes plaintes formulées par les rescapés.
Le passé grec du catamaran et les témoignages de détresse
L’historique du navire révèle également une longue période passée sous pavillon et dans des mains helvétiques. Entre 2017 et 2024, le bâtiment a appartenu à une société établie à Kos, avec l’ambition initiale d’exploiter des liaisons touristiques à travers le Dodécanèse. Des données issues de bases maritimes et de sources professionnelles indiquent que le projet de lignes vers Rhodes, Symi, Leros, Patmos et Lipsi n’a finalement jamais abouti commercialement, avant que l’unité ne soit rachetée par une compagnie basée à Mersin.
Sur place, les récits des survivants font état de scènes d’un grand désarroi, entre portes de secours prétendument verrouillées et panique générale au moment de l’évacuation. Les investigations devront établir avec précision les responsabilités dans cette tragédie maritime qui endeuille de nombreuses familles, tandis que les équipes de secours poursuivent leurs explorations pour dissiper le sort des disparus.
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