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CDC impose quarantaine forcée à deux Américains après contagion par le virus Andes

by Camille Laurent - Santé
Pourquoi le CDC a imposé une quarantaine forcée

Le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) a ordonné mardi 14 juin à deux passagers américains d’un paquebot infecté par le virus Andes de rester en quarantaine prolongée dans un centre nébraskais jusqu’au 31 mai 2026, malgré leur demande de retourner chez eux pour achever leur isolement. Cette décision, prise par le directeur par intérim Jay Bhattacharya, marque un revirement après que les autorités avaient initialement encouragé les 18 passagers américains du MV Hondius à rester volontairement dans le centre de quarantaine de Lincoln. Trois passagers européens et un Canadien ont déjà développé la maladie après avoir quitté le navire, selon les données officielles.

Pourquoi le CDC a imposé une quarantaine forcée

Le virus Andes, une souche rare de hantavirus capable de se transmettre d’humain à humain, a poussé les autorités sanitaires américaines à durcir leur position. Jusqu’alors, les passagers étaient libres de quitter le centre nébraskais après 21 jours de surveillance, comme le prévoyait le protocole initial. Mais après la confirmation de trois décès et dix cas avérés parmi les passagers européens, le CDC a décidé d’appliquer une mesure coercitive pour deux Américains, dont l’une, Angela Perryman, avait déjà préparé son retour en Floride. « Une décision a été prise au plus haut niveau du gouvernement américain pour que les passagers restent au Nebraska jusqu’au 31 mai, date marquant la fin de leur période de surveillance de 21 jours », a déclaré le Dr David Fitter, responsable des opérations au CDC, lors d’une conférence de presse.

« Nous ne demandons pas à être libérés de la quarantaine. Nous demandons simplement l’alternative moins restrictive d’une quarantaine à domicile. C’est ce que tout le monde prévoyait jusqu’à ce que cette décision soit annoncée dimanche. »

Un passager anonyme, cité par CNN

Cette mesure s’appuie sur une classification juridique subtile : le CDC a qualifié le virus Andes de « syndrome respiratoire aigu sévère » (SRAS), une catégorie inscrite sur la liste des maladies quarantenables par un décret présidentiel de juillet 2014. « Ils ont classé le hantavirus Andes comme un SRAS, ce qui leur permet de justifier la quarantaine », explique James Hodge Jr., directeur du Center for Public Health Law & Policy à l’Arizona State University. Cependant, cette interprétation pourrait être contestée devant les tribunaux, car le virus n’apparaît pas explicitement sur la liste des maladies quarantenables. Selon Healthbeat, des experts juridiques estiment que cette classification pourrait être jugée excessive.

Un protocole sous tension : ce que disent les passagers

Les passagers américains, qui avaient initialement accepté de rester 42 jours au centre nébraskais, se sentent trahis par ce changement de stratégie. « Personne ici ne veut quitter la quarantaine, mais nous demandons simplement une alternative moins restrictive », a déclaré un passager à CNN. Leur colère est d’autant plus vive que les autorités sanitaires européennes ont autorisé les passagers non américains à quitter le centre après 21 jours, sans obligation de quarantaine supplémentaire. Pourtant, trois Européens et un Canadien ont développé des symptômes après leur retour, confirmant la dangerosité du virus.

Un protocole sous tension : ce que disent les passagers
Photo: medpagetoday.com

Le CDC insiste sur le fait qu’aucun cas de transmission locale n’a été enregistré aux États-Unis, mais la situation reste sous haute surveillance. « Le risque pour le public américain reste faible, mais nous devons agir avec prudence », a rappelé le Dr Fitter. Les autorités sanitaires ont également alerté les médecins sur la nécessité de tester les patients présentant des symptômes compatibles avec une infection à hantavirus, notamment ceux ayant été en contact avec le MV Hondius ou ses passagers.

Quels sont les risques juridiques et médicaux ?

Au-delà des tensions entre passagers et autorités, cette affaire soulève des questions juridiques majeures. Le décret de 2014, signé par Barack Obama, élargit la définition des SRAS pour inclure les maladies « capables de provoquer une pandémie ». Pourtant, le hantavirus Andes, bien que mortel dans certains cas, ne se transmet pas aussi facilement que d’autres pathogènes comme la grippe ou le SRAS-CoV-2. « La classification comme SRAS est légitime sur le plan médical, mais elle pourrait être contestée sur le plan juridique », estime Hodge. MedPage Today rapporte que l’un des passagers américains envisage déjà de saisir les tribunaux pour faire annuler l’ordre de quarantaine.

Le CDC encourage les Américains en quarantaine à rester pendant toute la période d'incubation de …

Sur le plan médical, le virus Andes se distingue par sa capacité à se transmettre directement entre humains, contrairement à la plupart des hantavirus qui se propagent via les excréments de rongeurs. Les symptômes, similaires à ceux d’une grippe sévère, peuvent évoluer vers une insuffisance respiratoire aiguë en quelques jours. Le CDC recommande aux professionnels de santé de signaler immédiatement tout cas suspect et de privilégier les tests PCR pour un diagnostic précis. « Les tests standardisés pour d’autres hantavirus ne détectent pas nécessairement le virus Andes », avertit l’agence dans son communiqué.

Quelles conséquences pour les autres passagers et le public ?

Quarante-trois Américains sont actuellement sous surveillance dans 12 États différents après leur exposition au virus lors de la croisière. Aucun cas confirmé n’a été signalé aux États-Unis, mais la situation reste fragile. Le CDC a émis une alerte aux médecins pour les inciter à surveiller les symptômes chez les patients ayant été en contact avec le MV Hondius. « Les symptômes peuvent apparaître entre 4 et 42 jours après l’exposition », rappelle l’agence, soulignant l’importance d’une surveillance prolongée.

Quelles conséquences pour les autres passagers et le public ?
Photo: healthbeat.org

Cette affaire pose également la question des limites du pouvoir du CDC en matière de quarantaine. Alors que les autorités sanitaires européennes ont opté pour une approche plus flexible, les États-Unis semblent privilégier la prudence, au risque de créer des tensions avec les passagers. « Cela pourrait être un précédent pour d’autres maladies émergentes », note Hodge. La décision de maintenir deux passagers en quarantaine forcée pourrait ainsi influencer les protocoles futurs en cas d’épidémie.

Et maintenant ? Les scénarios possibles

Plusieurs issues sont possibles dans les semaines à venir. D’un côté, les passagers pourraient accepter la décision du CDC et terminer leur quarantaine dans le centre nébraskais. De l’autre, des recours juridiques pourraient être engagés pour contester la légalité de la mesure. « Cela pourrait devenir un test juridique majeur pour les pouvoirs du CDC », prévient Hodge. En parallèle, les autorités sanitaires continuent de surveiller l’évolution de la situation, notamment pour évaluer le risque de transmission locale.

Pour le grand public, le message est clair : en cas de symptômes évoquant une infection respiratoire après un voyage ou un contact avec des personnes exposées, il faut consulter rapidement un médecin et signaler son cas aux autorités sanitaires locales. « Les hantavirus ne sont pas une maladie courante aux États-Unis, mais leur potentiel mortel impose une vigilance accrue », conclut le Dr Fitter. Cette affaire rappelle aussi l’importance de la coopération internationale en matière de santé publique, alors que les maladies infectieuses ne connaissent pas les frontières.

Pour plus d’informations sur les symptômes et les protocoles de quarantaine, consultez les recommandations du CDC ici.

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