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Carence en B12 et folate : un lien inédit avec la fatigue chronique, selon une étude japonaise

Une étude pionnière sur 600 Japonais

Une étude japonaise publiée le 28 mai 2026 révèle un lien inédit entre les carences en vitamine B12 et en folate (vitamine B9) et la fatigue chronique, avec des effets distincts selon le sexe. Menés par le professeur Hiroaki Kanouchi de l’Université métropolitaine d’Osaka, les travaux montrent que des taux élevés d’homocystéine – un marqueur sanguin lié aux carences en ces vitamines – sont associés à une fatigue physique accrue chez les hommes et à une baisse de motivation chez les femmes. Une découverte qui pourrait redéfinir les approches nutritionnelles face à l’épuisement moderne.

Une étude pionnière sur 600 Japonais

L’équipe du professeur Kanouchi a analysé les données de 600 adultes japonais en bonne santé, mesurant leurs niveaux sanguins d’homocystéine (Hcy), de vitamine B12 et de folate, tout en évaluant leur fatigue via l’échelle de Chalder et leur motivation par une échelle visuelle analogique (VAS). Résultat : plus les taux d’homocystéine étaient élevés, plus les participants présentaient des carences en ces deux vitamines, indépendamment du sexe. Une corrélation déjà documentée pour les maladies cardiovasculaires ou la démence, mais jamais pour la fatigue ou la motivation chez des individus en bonne santé.

“Cette relation suggérée entre la vitamine B12, la folate et la fatigue chez des individus en bonne santé pourrait représenter le premier rapport de ce type. Les niveaux sanguins d’homocystéine ont traditionnellement inquiété pour les maladies cardiovasculaires, la démence et les fractures. Nos résultats suggèrent qu’il faut désormais prêter attention à la fatigue et à la motivation.”

Les chercheurs ont ensuite disséqué les données par sexe, révélant des mécanismes distincts. Chez les hommes, le tiers inférieur des taux d’homocystéine était associé à des scores de fatigue physique plus bas selon l’échelle de Chalder, tandis que chez les femmes, le tiers supérieur de ces taux correspondait à des scores de motivation plus faibles sur l’échelle VAS. Une différence qui pourrait s’expliquer par des variations métaboliques ou hormonales non encore élucidées.

Des mécanismes biologiques encore mal compris

Les vitamines B12 et folate jouent un rôle clé dans la reméthylation de l’homocystéine en méthionine, un processus essentiel pour la synthèse des neurotransmetteurs et le fonctionnement mitochondrial. Leur carence perturbe donc à la fois l’énergie cellulaire et la production de dopamine ou de sérotonine, deux molécules liées à la motivation. Pourtant, comme l’explique Bioengineer.org, les effets observés diffèrent selon le sexe, suggérant que d’autres facteurs – peut-être génétiques ou hormonaux – modulent cette relation.

Des mécanismes biologiques encore mal compris
cluster (priority): NDTV

L’étude publiée dans le journal Nutrients confirme que les hommes avec les taux d’homocystéine les plus élevés rapportent une fatigue physique significativement supérieure par rapport à ceux du tiers inférieur. Chez les femmes, c’est la motivation qui chute : celles du tiers supérieur en homocystéine déclarent des niveaux de motivation 20 % plus bas que la moyenne, selon les analyses multivariées. Une découverte qui pourrait expliquer pourquoi certaines femmes épuisées ne souffrent pas de fatigue physique mais d’une apathie persistante.

Des implications pour la santé publique et individuelle

Ces résultats interrogent les approches actuelles de la fatigue chronique, souvent attribuée au stress ou au manque de sommeil. “Il est crucial d’éviter les carences en vitamine B12 et folate pour prévenir l’augmentation des niveaux d’homocystéine”, insiste le professeur Kanouchi. Une recommandation qui rejoint les conclusions de NDTV, soulignant l’importance d’une alimentation équilibrée pour contrer ce phénomène.

SYMPTÔMES les plus fréquents d'une CARENCE en VITAMINE B12
  • Vitamine B12 : présente dans les produits animaux (viande, poisson, œufs), les compléments alimentaires, et certains aliments enrichis.
  • Folate (vitamine B9) : abondante dans les légumes verts (épinards, brocolis), les légumineuses, et les céréales enrichies.
  • Populations à risque : végétaliens, personnes âgées, femmes enceintes, et individus avec des troubles d’absorption intestinale.

Pourtant, les mécanismes précis restent flous. Pourquoi la fatigue touche-t-elle davantage les hommes, tandis que la motivation est affectée chez les femmes ? Les chercheurs évoquent des différences dans la régulation métabolique ou dans la sensibilité aux neurotransmetteurs. Une hypothèse qui mérite des investigations complémentaires, notamment sur le rôle potentiel des œstrogènes ou de la testostérone dans ces processus.

Vers une nouvelle approche de la fatigue chronique ?

Cette étude pourrait ouvrir la voie à des dépistages systématiques de l’homocystéine chez les patients souffrant de fatigue inexpliquée, avant même d’envisager des solutions médicamenteuses ou psychologiques. Comme le note ScienceDaily, les carences en B12 et folate sont souvent sous-diagnostiquées, alors qu’elles pourraient expliquer une partie des cas de fatigue chronique attribués à tort au “burn-out” ou à la dépression.

“Les niveaux élevés d’homocystéine étaient associés à des concentrations plus faibles de folate et de vitamine B12 chez les deux sexes. Chez les hommes, le tiers inférieur de l’homocystéine était lié à des scores de fatigue physique plus bas, tandis que chez les femmes, le tiers supérieur était associé à une baisse de motivation.”

Vers une nouvelle approche de la fatigue chronique ?
cluster (priority): Bioengineer.org

Reste une question cruciale : ces résultats, obtenus sur une population japonaise, sont-ils généralisables ? Les habitudes alimentaires, le métabolisme ou même les niveaux d’activité physique varient selon les cultures. Des études sur des cohortes européennes ou américaines seraient nécessaires pour confirmer ces liens. En attendant, les experts recommandent déjà une vigilance accrue sur les apports en vitamines B, surtout dans les sociétés où les régimes déséquilibrés et le stress chronique sont la norme.

Que faire concrètement ?

Pour les individus concernés, les pistes sont simples mais exigeantes :

  • Analyser son alimentation : intégrer régulièrement des sources de B12 (viandes, poissons, produits laitiers) et de folate (légumes verts, céréales complètes).
  • Consulter un médecin en cas de symptômes persistants (fatigue, apathie, engourdissements), pour vérifier d’éventuelles carences.
  • Éviter les régimes restrictifs sans supplémentation adaptée, surtout pour les végétaliens ou les personnes à risque.
  • Surveiller les marqueurs sanguins : l’homocystéine, la vitamine B12 et la folate pourraient devenir des indicateurs clés dans le diagnostic de la fatigue inexpliquée.

Cette étude rappelle une vérité souvent oubliée : la fatigue n’est pas toujours une question de volonté ou de gestion du temps. Parfois, elle cache des déséquilibres biologiques insidieux, que seule une approche nutritionnelle et médicale rigoureuse peut résoudre. Une leçon utile à l’heure où le rythme effréné de la vie moderne transforme l’épuisement en norme plutôt qu’en exception.

À suivre : les prochaines recherches devront explorer si une supplémentation ciblée en B12 et folate pourrait améliorer significativement la fatigue et la motivation chez les populations à risque. Une piste prometteuse, mais qui demande encore des preuves solides.

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