Hausse alarmante des cancers de la gorge chez les jeunes adultes, même non-fumeurs
Montréal – une tendance inquiétante se dessine dans les hôpitaux québécois et occidentaux : une augmentation significative des cancers de la gorge, touchant de plus en plus de jeunes adultes, souvent sans lien avec le tabagisme. Cette évolution démographique,selon la docteure Fadia Bahig du CHUM,est principalement attribuable à l’augmentation des infections au virus du papillome humain (VPH).
Alors que les cancers liés au tabac diminuent grâce aux efforts de prévention, les cancers oropharyngés associés au VPH connaissent une progression notable. La docteure Bahig estime que 80% des cas de cancer de la gorge qu’elle observe sont désormais liés au VPH. Ce phénomène se traduit par des diagnostics de plus en plus fréquents chez des patients de 40 à 50 ans, et même plus jeunes, qui n’ont jamais fumé.
Le VPH : un facteur de risque croissant
Le VPH est une infection sexuellement transmissible très courante. Certains types de VPH sont à haut risque et peuvent provoquer des cancers, notamment de la gorge, de l’anus, du col de l’utérus et du pénis. La transmission se fait principalement par contact sexuel, mais aussi par contact peau à peau.
Vaccination : une solution à long terme
La vaccination contre le VPH est un outil de prévention essentiel. Cependant, l’impact de la vaccination sur la réduction des cas de cancer de la gorge ne sera probablement visible qu’à moyen terme, soit dans une dizaine ou une quinzaine d’années, souligne la docteure Bahig.Il est crucial de poursuivre les efforts de vaccination, en particulier chez les jeunes, afin de freiner la propagation du virus et de réduire l’incidence de ces cancers.
Des traitements plus doux pour une meilleure qualité de vie
Face à cette augmentation des cas et à la jeunesse des patients, les équipes médicales s’efforcent d’améliorer les traitements et de minimiser les effets secondaires. L’objectif est de permettre aux patients de vivre plus longtemps et avec une meilleure qualité de vie, car ils sont susceptibles de développer des effets secondaires à long terme. Des protocoles de traitement plus courts et moins pénibles sont en développement pour répondre à ce besoin.
Prévention et dépistage : les clés pour l’avenir
La prévention, par la vaccination contre le VPH et la promotion de comportements sexuels sécuritaires, reste la meilleure stratégie pour lutter contre ces cancers. Bien qu’il n’existe pas de dépistage systématique des cancers de la gorge, une attention particulière aux symptômes tels que des maux de gorge persistants, des challengingés à avaler ou des ganglions enflés au cou est recommandée. En cas de doute, il est crucial de consulter un médecin.
