Home InternationalCanadiens détenus en Syrie transférés en prison en Irak

Canadiens détenus en Syrie transférés en prison en Irak

by Omar Benali

Des centaines de combattants présumés de l’EI, dont des Canadiens, transférés en Irak pour être jugés

BAGDAD, Irak – L’Irak a confirmé avoir reçu plus de 5 700 détenus soupçonnés d’être affiliés à l’État islamique (EI), dont des citoyens de 61 pays, dont le Canada, dans le cadre d’un transfert massif depuis la Syrie. L’annonce, faite par le Conseil judiciaire suprême irakien, intervient alors que les forces syriennes et les groupes djihadistes progressent dans les zones contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis, où ces combattants étaient détenus.

Le Canada figure parmi les nationalités étrangères les plus représentées parmi les transférés, bien que le nombre exact de Canadiens concernés n’ait pas été divulgué. Global Affairs Canada a déclaré surveiller la situation de près, mais s’est refusé à tout commentaire spécifique pour des raisons de confidentialité et de sécurité.

Ce transfert de détenus soulève des inquiétudes quant au respect des normes juridiques internationales et aux risques de violations des droits humains dans le système judiciaire irakien, déjà surchargé. Des organisations de défense des droits de l’homme, comme Human Rights Watch, ont critiqué par le passé les procès expéditifs en Irak, souvent basés sur des aveux obtenus sous la torture, et le manque d’accès à une représentation juridique adéquate pour les accusés.

“L’Irak est connu pour des procédures très rapides où les accusés ont souvent un accès limité, voire nul, à un conseiller juridique, les preuves sont rarement examinées en profondeur et les verdicts sont rendus immédiatement”, a déclaré Amarnath Amarasingam, professeur à l’Université Queen’s et expert en terrorisme. “Cela a entraîné de longues peines de prison et même la peine de mort.”

Le gouvernement canadien avait rapatrié des femmes et des enfants canadiens liés à l’EI de Syrie en 2022 et 2023, mais avait laissé les hommes aux mains des FDS. Cette décision, critiquée par certains, visait à éviter les complications juridiques et les risques pour la sécurité intérieure liés au retour de combattants présumés.

Parmi les Canadiens détenus en Syrie avant le transfert figuraient Muhammad Ali, un habitant de Mississauga, en Ontario, qui s’était autoproclamé sniper de l’EI, ainsi que des résidents d’Edmonton, Windsor et Montréal. Un autre Canadien, Mohammed Khalifa, a été transféré aux États-Unis en 2021 et condamné à la prison à vie pour avoir produit de la propagande terroriste pour l’EI.

Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a exhorté les pays à assumer leurs responsabilités et à rapatrier leurs citoyens détenus en Irak pour qu’ils soient jugés. L’Irak a également appelé les autres nations à faire leur part, dénonçant le refus de certains pays de rapatrier leurs ressortissants.

Ce transfert massif de détenus de l’EI vers l’Irak met en lumière un défi mondial complexe : comment gérer les combattants étrangers et leurs familles qui ont rejoint l’organisation terroriste et sont désormais détenus dans des conditions précaires. La question de la justice, de la réhabilitation et de la prévention de la radicalisation reste au cœur des préoccupations internationales.

[Image d’illustration : Des véhicules militaires américains escortant des bus transportant des détenus de l’EI du nord-est de la Syrie vers l’Irak, le 8 février 2026. (Crédit photo : © Stringer/Xinhua via ZUMA Press)]

[Image d’illustration : Muhammad Ali, un Canadien capturé en Syrie après avoir rejoint l’EI en 2014. (Source : Global News)]

L’affaire souligne également la nécessité d’une coopération internationale accrue pour lutter contre le terrorisme et prévenir la propagation de l’idéologie extrémiste. Les experts avertissent que le manque de rapatriement des citoyens étrangers pourrait entraîner des conséquences imprévisibles et compromettre les efforts de lutte contre le terrorisme à long terme.

[email protected]

&copy 2026 Global News, une division de Corus Entertainment Inc.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.