Home InternationalCameroun : Déportations illégales et abus de migrants par les États-Unis

Cameroun : Déportations illégales et abus de migrants par les États-Unis

Les États-Unis accusés de transférer des demandeurs d’asile vers le Cameroun, où ils risquent des abus

YAOUNDÉ, Cameroun – Les autorités camerounaises détiennent arbitrairement des ressortissants de plusieurs pays africains expulsés par les États-Unis, et répriment les journalistes qui tentent de les interviewer, selon des rapports récents et des témoignages directs. L’administration Trump est accusée de ne pas tenir compte de ces violations des droits humains.

En janvier et février, sous un accord secret, le gouvernement américain a expulsé 17 hommes et femmes originaires d’Angola, de la République démocratique du Congo, d’Éthiopie, du Ghana, du Kenya, du Maroc, du Sénégal, de la Sierra Leone et du Zimbabwe vers le Cameroun. Parmi eux figuraient des demandeurs d’asile et même une personne apatride.

Les autorités camerounaises ont immédiatement placé les expulsés en détention, sans fondement juridique clair, selon des avocats travaillant avec les personnes concernées. Des représentants des agences des Nations unies ont proposé aux expulsés la possibilité de demander l’asile au Cameroun, mais plusieurs ont affirmé se sentir poussés à retourner dans leurs pays d’origine, craignant pour leur sécurité.

L’inquiétude grandit car certains des expulsés avaient des protections légales aux États-Unis, des ordonnances du tribunal les protégeant contre l’expulsion en raison de craintes fondées de persécution ou de torture dans leurs pays d’origine. L’administration Trump aurait contourné ces protections en les envoyant vers un pays considéré comme dangereux par des organisations de défense des droits humains, notamment Human Rights Watch.

« Le Cameroun est un pays où la violence et les conflits armés sont endémiques depuis des années », explique Ilaria Allegrozzi, chercheuse principale pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « Le gouvernement a réprimé l’opposition et les médias, et les forces gouvernementales ainsi que les groupes armés sont accusés d’abus généralisés, y compris la torture en détention. »

Human Rights Watch a documenté en 2022 les graves préjudices subis par les demandeurs d’asile camerounais expulsés par les États-Unis après leur retour au Cameroun.

Le Cameroun est signataire de la Convention relative au statut des réfugiés de 1951 et dispose d’une législation nationale sur les réfugiés. Cependant, au moins deux personnes envoyées par les États-Unis au Cameroun sont déjà retournées dans leurs pays d’origine, tandis que 15 autres restent détenues à Yaoundé. Le renvoi forcé ou contraint d’une personne vers un pays où elle risque la persécution, la torture ou d’autres graves atteintes aux droits de l’homme est interdit par le droit international, un principe connu sous le nom de refoulement.

Les organisations de défense des droits humains appellent le gouvernement camerounais à libérer immédiatement les expulsés, à garantir leur protection contre le refoulement et à faciliter leur retour aux États-Unis. Elles demandent également aux États-Unis de mettre fin aux accords d’expulsion vers des pays tiers qui manquent de garanties adéquates et ont conduit à des abus documentés.

L’affaire soulève des questions importantes sur le respect du droit international par les États-Unis et sur la responsabilité des pays tiers dans la protection des droits des demandeurs d’asile et des personnes vulnérables. Les tribunaux américains et le Congrès sont appelés à enquêter sur ces expulsions et à exiger le retour de ceux qui ont été envoyés au Cameroun.

Ce cas s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations concernant les politiques d’immigration des États-Unis et leur impact sur les droits humains. Des accords similaires avec d’autres pays, comme le Panama et le Costa Rica, ont également été critiqués pour avoir entraîné des abus.

[Intégration potentielle d’un tweet ou d’une publication Instagram d’une organisation de défense des droits humains sur le sujet]

L’impact de ces expulsions ne se limite pas aux individus concernés. Il érode la confiance dans le système d’asile américain et envoie un message inquiétant aux personnes fuyant la persécution et la violence. La communauté internationale doit exercer une pression sur les États-Unis pour qu’ils respectent leurs obligations en matière de droit international et qu’ils protègent les droits des personnes vulnérables.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.