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By Design : Une femme devient chaise au Sundance 2025

Sundance 2025 : “By Design” interroge notre rapport à l’objet et à l’identité

PARIS – Le prochain Festival de Sundance promet déjà des moments de cinéma déroutants et stimulants. Parmi les films les plus attendus, “By Design” d’Amanda Kramer, une œuvre qui, sous son concept absurde, explore des thèmes profonds sur la perception de soi, le désir d’être vu et la quête de sens dans un monde saturé d’images.

Le film, qui sera présenté dans la section NEXT, réputée pour son audace et son originalité, raconte l’histoire de Camille (Juliette Lewis), une femme dont l’âme se retrouve prisonnière d’un fauteuil. Un synopsis qui pourrait paraître fantaisiste, mais qui, selon Kramer, est né d’une observation simple : notre tendance à idolâtrer les apparences et les possessions matérielles.

“J’ai remarqué que mes amis étaient plus fascinés par la robe de Nicole Kidman que par Nicole Kidman elle-même,” explique la réalisatrice. “Pourquoi ne pas célébrer l’objet, la beauté intrinsèque de la matière, plutôt que de projeter nos désirs sur une personne ?” Cette question a germé et a donné naissance à une réflexion sur notre rapport à l’autre, à l’identité et à la manière dont nous cherchons à combler un vide intérieur.

“By Design” ne se contente pas de proposer une intrigue insolite. Le film, salué par Ash Hoyle, programmatrice de la section NEXT, comme “définition même de ce que représente cette section”, est une exploration visuelle et émotionnelle complexe. Hoyle souligne l’audace de Kramer et la singularité de sa vision, qui remettent en question les conventions narratives et esthétiques.

Juliette Lewis, dont la performance est déjà encensée, incarne Camille avec une intensité poignante. L’actrice, qui a accepté le rôle après avoir lu seulement une partie du scénario, décrit l’expérience comme un “plaisir subversif”. Elle souligne la richesse émotionnelle du personnage, une femme en quête de reconnaissance et d’acceptation, qui trouve paradoxalement une forme de liberté dans l’immobilité.

Le film explore également les relations interpersonnelles à travers les interactions de Camille-fauteuil avec son entourage. Ses amies, incarnées par Robin Tunney et Samantha Mathis, continuent de lui parler, de se confier, sans réellement la voir. Sa mère (Betty Buckley) semble indifférente à son état, préoccupée par des questions plus triviales. Ces scènes, à la fois drôles et troublantes, mettent en lumière notre capacité à ignorer la souffrance de ceux qui nous entourent, à nous enfermer dans notre propre ego.

Mamoudou Athie, qui interprète Olivier, le propriétaire du fauteuil, apporte une autre dimension à l’histoire. Son personnage, incapable de tisser des liens authentiques avec les autres, projette ses désirs et ses frustrations sur l’objet. Une métaphore de notre société, où les relations sont souvent superficielles et où l’on cherche à combler son manque d’affection en s’attachant à des biens matériels.

“By Design” est un film qui dérange, qui provoque, qui invite à la réflexion. Il nous pousse à nous interroger sur notre propre identité, sur nos motivations et sur la manière dont nous percevons le monde qui nous entoure. Un film qui, à l’heure de la surconsommation et de l’obsession de l’image, résonne particulièrement fort.

Selon une étude récente de l’Observatoire Sociologique du Consommateur (OSC), 68% des Français déclarent ressentir un besoin constant d’acquérir de nouveaux biens pour se sentir valorisés. Un chiffre alarmant qui souligne la fragilité de notre estime de soi et notre dépendance au regard des autres. “By Design” nous invite à briser ce cercle vicieux et à trouver la beauté dans la simplicité, dans l’authenticité et dans la connexion humaine.

Le film sera présenté en avant-première au Festival de Sundance le 18 janvier 2025.

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