Amanda Kramer et « By Design » : L’envie, les chaises et une Juliette Lewis radicale à Sundance
PARK CITY, Utah – Le Festival de Sundance 2025 a déjà révélé quelques pépites, et parmi elles, le film « By Design » d’Amanda Kramer suscite une curiosité particulière. Loin des blockbusters habituels, ce long métrage explore des thèmes universels – l’envie, l’obsession, le désir d’évasion – avec une approche singulière qui, selon sa réalisatrice, pourrait résonner à tout moment, mais qui trouve un écho particulier dans une société contemporaine saturée d’images et de comparaisons.
Kramer, dont le travail a déjà été salué pour son originalité, décrit son inspiration comme un mélange éclectique : « Des chaises magnifiques, la morale implicite et limitante des films à échange de corps, et des femmes jalouses. » Une combinaison qui promet une œuvre à la fois esthétique et psychologiquement complexe.
Le film, dont l’intrigue reste volontairement mystérieuse, a déjà attiré l’attention grâce à son casting, en particulier la présence de Juliette Lewis. Kramer raconte une anecdote savoureuse sur leur première rencontre : « Je l’ai rencontrée dans un café de la vallée et je lui ai dit que j’avais un rôle pour elle, un rôle où elle parle et bouge très peu. Elle n’a pas bronché. ‘Envoyez-moi ça,’ a-t-elle dit, avant de me donner son numéro.’ » L’actrice, connue pour son audace et son indépendance, a non seulement accepté le rôle, mais a également rejoint l’équipe en tant que productrice, une décision prise sur un simple instinct, selon Kramer. « Si elle voulait le faire, il n’y avait personne d’autre », affirme-t-elle.
L’esthétique visuelle de « By Design » semble jouer un rôle crucial. Kramer évoque avec passion la collaboration avec la chorégraphe Sigrid Lauren : « Quand une chorégraphe et ses danseurs arrivent sur le plateau, il y a un silence respectueux, tout le monde veut regarder. C’était un honneur de collaborer avec Sigrid. Pendant les séquences de danse, toute mon équipe devenait un public. Il y avait des applaudissements après chaque prise, et un sentiment réel dans la pièce que ces performances étaient la magie de notre film. »
Au-delà de l’aspect artistique, Kramer souligne que son film ne cherche pas à répondre à un besoin immédiat, mais plutôt à explorer des émotions et des obsessions intemporelles. « Il n’y a pas d’urgence à raconter cette histoire maintenant. Nous sommes toujours remplis d’envie, toujours obsédés par les objets, toujours en quête d’évasion », explique-t-elle.
Si Kramer n’était pas cinéaste, elle se verrait enseigner le théâtre au lycée, un témoignage de sa passion pour la narration et le développement des talents. Elle cite également les génériques de début de la série télévisée « Duet » de 1987 comme une source d’inspiration récente, soulignant son intérêt pour l’esthétique et la créativité visuelle.
Interrogée sur la qualité qui contribue le plus à son succès en tant que conteuse, Kramer répond sans hésitation : « Mon allergie au cliché. » Une affirmation qui laisse présager un film qui ose sortir des sentiers battus.
Kramer cite plusieurs films issus du Sundance Institute ou du Festival comme des œuvres marquantes : « Trust », « Paris is Burning », « The Brother from Another Planet » et « Wild Tigers I Have Known ». Ces références témoignent de son appréciation pour les films indépendants, audacieux et socialement pertinents.
Le Festival de Sundance, fondé en 1978 par Robert Redford, a joué un rôle crucial dans le développement du cinéma indépendant américain. Selon les données du Sundance Institute, les films présentés au festival génèrent en moyenne 100 millions de dollars de revenus et créent des milliers d’emplois. L’impact économique et culturel du festival est indéniable, et « By Design » pourrait bien s’ajouter à la liste des œuvres marquantes qui ont émergé de cette plateforme prestigieuse.
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