Bill Maher défend Bad Bunny face à la polémique du Super Bowl, pointant une “fausse indignation”
LOS ANGELES (AP) – Le spectacle de la mi-temps du Super Bowl, assuré par Bad Bunny, continue de faire des vagues, mais cette fois, c’est Bill Maher qui prend la parole pour défendre l’artiste portoricain. L’humoriste et animateur de télévision a dénoncé ce vendredi une “fausse indignation” de la part de certains conservateurs, estimant que leurs critiques étaient motivées par des préjugés plutôt que par le contenu du spectacle lui-même.
Maher, lors de son monologue dans “Real Time With Bill Maher”, a ironisé sur la réaction de Donald Trump et de ses partisans, qualifiant leur mécontentement de “butthurt”. Il a souligné que les reproches concernant la langue espagnole et le caractère “scandaleux” du spectacle étaient hypocrites. “Ils détestaient ça parce que c’était en espagnol, mais maintenant ils prétendent détester ça parce que c’était ‘indécent'”, a-t-il déclaré. “Et c’était sexuel, ouvertement sexuel, avec des paroles crues. Qu’est-ce que vous attendiez ? Il ne s’appelle pas ‘Bon Bunny'”.
La polémique a pris de l’ampleur avec des appels à une enquête formelle de la part de plusieurs élus républicains. Le représentant Andy Ogles (R-TN) a dénoncé sur X (anciennement Twitter) un spectacle “purement obscène” diffusé en direct devant les familles américaines, évoquant des “actes sexuels homosexuels explicites” et des gestes provocateurs. https://twitter.com/AndyOgles/status/1757499999999999999
Le représentant Mark Alford (R-Missouri) a même comparé la performance de Bad Bunny au célèbre incident de la garde-robe de Janet Jackson lors du Super Bowl 2004, suggérant qu’elle pourrait être encore plus choquante.
Ces réactions contrastent fortement avec l’accueil enthousiaste réservé au spectacle par des élus démocrates, dont Alexandria Ocasio-Cortez, Jim McGovern et le gouverneur de Californie Gavin Newsom, qui ont salué l’événement comme une performance inspirante et une célébration de la culture latine.
La controverse souligne une fracture culturelle persistante aux États-Unis, où les normes de décence et les attentes en matière de divertissement public varient considérablement selon les convictions politiques et les valeurs sociales. Le Super Bowl, événement sportif le plus regardé aux États-Unis, attire en moyenne plus de 100 millions de téléspectateurs, ce qui amplifie l’impact de tout spectacle controversé.
Maher a conclu en avouant ne pas comprendre les paroles de Bad Bunny, mais en affirmant qu’il avait apprécié l’ambiance générale du spectacle. “C’était comme regarder du curling olympique”, a-t-il plaisanté. “Je ne savais pas ce qui se passait, mais tout le monde semblait s’amuser. Alors, j’ai dit, ‘tant pis, je suis dedans'”.
Le spectacle de Bad Bunny, qui a mis en avant sa musique et sa culture portoricaine, a marqué une rupture avec les traditionnels spectacles de la mi-temps du Super Bowl, souvent dominés par des artistes pop et rock américains. Il a également suscité un débat sur la représentation des minorités et la diversité culturelle dans les médias grand public.
