Banque Havilland sanctionnée pour tentative de déstabilisation de la monnaie qatarie
LONDRES – Une banque autrefois florissante, Banque Havilland, rebaptisée Rangecourt, et deux de ses anciens employés, dont le fils de son propriétaire, ont été sanctionnés par un tribunal britannique pour avoir comploté en 2017 pour dévaluer la monnaie du Qatar, le riyal qatari, en pleine crise diplomatique. La décision, rendue publique mardi, constitue une victoire pour l’Autorité de conduite financière (FCA) du Royaume-Uni et souligne sa capacité à tenir les institutions financières responsables des agissements de leurs employés.
L’affaire remonte à une période de tensions régionales, lorsque l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l’Égypte ont imposé un embargo à Doha. Selon le tribunal, des employés de Banque Havilland, à la demande du fonds souverain d’Abu Dhabi Mubadala, ont élaboré un plan visant à attaquer le riyal qatari en manipulant le marché des obligations souveraines du pays.
Le cœur du problème réside dans une présentation interne, initialement surnommée « Setting fire to the neighbour’s house fund » (Mettre le feu à la maison du voisin), rédigée par Vladimir Bolelyy, un analyste russe de la banque. Ce document décrivait une stratégie pour faire baisser le prix des obligations qataries et potentiellement briser la parité du riyal avec le dollar américain.
Bien que le tribunal ait constaté que la présentation n’avait jamais été formellement soumise à Mubadala et que la stratégie n’avait jamais été mise en œuvre, il a rejeté l’argument de la banque selon lequel elle ne pouvait être tenue responsable, car le document avait été créé dans le cadre d’un projet privé de la famille Rowland, propriétaire de l’institution. Claire Cross, avocate spécialisée en droit financier, a souligné que « les entreprises ne peuvent pas éviter leurs responsabilités en affirmant simplement que les actes répréhensibles de leurs employés étaient informels, non autorisés ou échappaient à la supervision directe ».
La FCA avait initialement infligé une amende de 10 millions de livres sterling à Banque Havilland, mais le tribunal l’a réduite à 4 millions de livres sterling, estimant que le régulateur avait choisi un montant « arbitraire ». En revanche, les sanctions imposées aux anciens employés ont été maintenues : Edmund Rowland, l’ancien responsable britannique de la banque et fils de David Rowland, a écopé d’une amende de 325 000 livres sterling et d’une interdiction d’exercer dans le secteur financier, tout comme Vladimir Bolelyy, condamné à une amende de 14 200 livres sterling et à une interdiction similaire.
Steve Smart, directeur de l’application et de la surveillance des marchés à la FCA, a déclaré que « motivés par la cupidité, Banque Havilland, M. Rowland et M. Bolelyy avaient un plan pour endommager gravement l’économie qatarie. Il est juste qu’ils soient tenus responsables ».
L’affaire intervient à un moment difficile pour Rangecourt, qui a considérablement réduit ses activités et a vu sa licence bancaire européenne révoquée par la Banque centrale européenne en 2024. La banque a depuis lors rembobiné ses opérations au Royaume-Uni et vendu son activité basée à Monaco.
Le tribunal a précisé qu’il n’était pas convaincu que David Rowland, l’ancien trésorier du Parti conservateur et conseiller de Prince Andrew, était au courant de la présentation controversée concernant le Qatar. Cependant, il a estimé que son fils, Edmund, cherchait à servir les intérêts commerciaux de la banque et de la famille Rowland en général. Il a également rejeté l’affirmation de David Rowland selon laquelle la FCA avait une « théorie du complot préconçue » ou avait été instrumentalisée par l’État du Qatar.
Cette affaire met en lumière les risques liés aux stratégies financières agressives et les responsabilités des institutions financières en matière de conformité et de contrôle interne. Elle rappelle également l’importance pour les régulateurs de faire preuve de fermeté face aux comportements répréhensibles, même lorsque les dommages potentiels n’ont pas été réalisés.
[Intégration potentielle d’un tweet de la FCA concernant la décision du tribunal : Rechercher sur X (anciennement Twitter) le compte officiel de la FCA et intégrer un tweet pertinent.]
[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube expliquant le contexte de l’embargo contre le Qatar en 2017 : Rechercher sur YouTube des reportages d’actualité de sources fiables comme la BBC ou CNN.]
