Autostrade, Conte hurle mais ne décide pas

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TOBIAS SCHWARZ via Getty Images

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte parle lors d’une conférence de presse avec le chancelier allemand (invisible) après leur rencontre le 13 juillet 2020 à la maison d’hôtes du gouvernement allemand à Meseberg, à l’extérieur de Berlin. (Photo de Tobias SCHWARZ / diverses sources / AFP) (Photo de TOBIAS SCHWARZ / POOL / AFP via Getty Images)

La scène qui révèle et anticipe encore un autre report de la grande promesse de Giuseppe Conte, celle de supprimer les autoroutes des Benettons, prend forme en Allemagne. Château de Meseberg, conférence de presse avec Angela Merkel. Le Premier ministre est arrivé sur le sol allemand portant dans sa poche la certitude d’un Conseil des ministres ad horas décisif, avec un auto-compilé et des résultats annoncés dans les journaux du matin: le gouvernement supprimera la concession à Autostrade. Les questions des journalistes partent. Conte ne parle que d ‘”une information”, il prend la ligne dure d’une décision “collégiale”. Mais le point culminant de la scène prend fin. Le chancelier conclut avec une blague: «Il y a eu beaucoup de discussions sur les autoroutes ici aujourd’hui. Je suis vraiment curieux de savoir comment ce Conseil des ministres se déroulera demain “. Conte la regarde gênée, puis ils descendent ensemble sur le podium et gagnent la sortie. Même mardi ne sera pas le jour de choix.

La blague du chancelier ne passe pas inaperçue. Juste celle qui, traditionnellement, fait très attention à ne pas parler publiquement des affaires d’un autre pays. Mais quelque chose, plutôt plus que quelque chose, dit ses mots. Et c’est quelque chose au-delà du fait qu’il ou elle ait discuté du sujet face à face avec Conte (ce que le personnel du premier ministre nie). Le fait est que Autostrade est devenu un thème allemand de toute façon. Le monde financier a élevé le seuil d’attention et de pression sur le chancelier. Et en cascade sur le gouvernement italien. Le risque sur le terrain est élevé. Plusieurs fonds institutionnels ont souscrit une grande partie des obligations d’Autostrade et de la société mère Atlantia. Schroder, Cardiff, Deka. Si le gouvernement procède à la révocation, Autostrade risque de faire défaut, c’est-à-dire d’échouer, et donc de laisser ces fonds créanciers sans euro. Il y a 19 milliards en jeu. Et puis il y a Allianz, le géant allemand de l’assurance, qui détient 6% d’Atlantia. Ici, le risque est de sortir du jeu et de tout perdre. L’une des raisons qui retiennent la possibilité pour Conte de mettre fin au jeu est ici, dans l’irritation et la pression des fonds allemands.

L’irritation n’est pas seulement un problème allemand. Le Silk Road Fund, le fonds du gouvernement chinois qui détient une participation de 5% dans Autostrade, a demandé des explications à l’ambassadeur d’Italie à Pékin. Tous les créanciers sont alarmés. L’insolvabilité de la société aurait de lourdes conséquences sur les grandes institutions financières telles que la Banque européenne d’investissement, mais aussi sur tous les autres créanciers, des banques italiennes telles que Intesa, UniCredit et Mps, aux banques étrangères, telles que HSBC et BNP Paribas, pour un géant des affaires comme Goldman Sachs. Cela nuirait également très fortement à la Cassa Depositi e Prestiti, donc en fait à l’État, qui bénéficie d’un crédit de 3,1 milliards. Le krach boursier à -15,9% et 1,7 milliard de brûlés sur les marchés ont déjà présenté un apéritif amer très net.

La pression qui pèse sur la table du gouvernement est très forte. En arrière-plan, il y a les risques d’un différend de dix ans qui peut coûter jusqu’à 13 milliards de dollars aux coffres de l’État. L’avenir des sept mille employés immédiatement d’Autostrade et les poches de 17 mille petits épargnants. Cela pèse également sur la décision finale du gouvernement. Il n’y a plus d’espaces de négociation avec les Benetton. Parce que lorsque les dirigeants d’Autostrade et d’Atlantia ont lu les interviews que Conte a accordées à deux journaux, ils ont sauté sur la chaise. Le raisonnement le dit à peu près: avant de traiter avec le gouvernement, ces derniers jours, la société a mis plus d’argent sur la plaque pour la compensation et des milliards d’investissements, et maintenant le premier ministre dit que la condition pour éviter la révocation est que les Benetton sortent par Autostrade, éliminant ainsi la part de 88% qu’ils détiennent via Atlantia. Bref, le soupçon d’une négociation frauduleuse. Aussi parce que, comme il l’a réitéré dans le communiqué de presse accompagné de la publication de la proposition d’amélioration, la société avait déjà informé la volonté du gouvernement d’Atlantia de descendre à 37%. Pas nul cependant. Et pour atteindre zéro, il n’y avait aucune mention lors de la dernière réunion, celle où Roberto Chieppa, le secrétaire général du Palazzo Chigi, était également présent. En bref, cette condition est venue plus tard. Avec les négociations clôturées et dans les journaux. Pour cela, Autostrade prétend avoir répondu aux demandes du gouvernement “après un an de confrontation” et pourquoi il demande à Conte choisir sur la base d’aspects de type “juridique, technique, social et économique”. Maintenant qu’il ne peut plus être traité, la dernière chose à faire est d’écrire en noir et blanc ce qui se passera si nous procédons au retrait: le risque de défaut, l’avenir des 7 000 employés, l’argent en fumée de 17 000 petits épargnants. Avec la faillite, les 800 procédures d’appel d’offres pour les travaux et services en cours qu’Autostrade est en cours passeraient également. Ils valent 4,5 milliards.

Ce que dit le poids de la pression, c’est la nécessité pour Conte de prendre du temps. Le Conseil des ministres, initialement prévu à onze heures mardi matin, sur les marchés ouverts, est déplacé dans la soirée. Pour information. Parce que personne ne s’attend à une décision des ministres. L’un d’eux ignore la prédiction: “Nous ne déciderons certainement pas demain.” Le premier ministre veut clore l’affaire une fois pour toutes, mais un invité en pierre sera également assis à la table du MDP. Ce sont les conséquences vénéneuses que le choix de la révocation entraîne dans votre estomac. Et puis il y a la question interne de la majorité. Les Renziens sont contre la révocation, le Parti démocrate est divisé, les 5 étoiles veulent la ligne dure. Comment décidez-vous sans déplaire à personne?

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